La Hongrie conditionne le prêt européen à l'Ukraine au rétablissement du pétrole russe
Le gouvernement hongrois a annoncé vendredi qu'il bloquerait le prêt européen de 90 milliards d'euros destiné à l'Ukraine tant que les livraisons de pétrole russe via l'oléoduc Droujba ne seront pas rétablies. Cette déclaration ferme du ministre hongrois des Affaires étrangères, Peter Szijjarto, souligne une tension croissante au sein de l'Union européenne concernant le soutien à Kiev.
Un approvisionnement énergétique crucial interrompu
La Hongrie et la Slovaquie sont actuellement les seuls pays membres de l'Union européenne encore approvisionnés en pétrole russe via cet oléoduc historique qui traverse l'Ukraine. Cependant, les livraisons ont été brutalement interrompues le 27 janvier dernier suite à une attaque de drone russe contre le pipeline, selon les autorités ukrainiennes.
Depuis cet incident, Budapest et Bratislava, considérés comme des alliés de Moscou, accusent ouvertement l'Ukraine de retarder délibérément la reprise des livraisons pour des motifs politiques. "En bloquant le transit de pétrole vers la Hongrie via l'oléoduc Droujba, l'Ukraine viole l'accord d'association UE-Ukraine et rompt ses engagements envers l'Union européenne", a déclaré Peter Szijjarto sur la plateforme X, ajoutant : "Nous ne céderons pas à ce chantage."
Le contexte du prêt européen et les conditions hongroises
Les dirigeants de l'Union européenne s'étaient pourtant mis d'accord en décembre dernier sur un mécanisme d'emprunt sur les marchés pour effectuer un prêt substantiel de 90 milliards d'euros à l'Ukraine. Cet argent devait financer l'effort de guerre du pays face à l'invasion russe au cours des deux prochaines années.
À l'époque, la Hongrie, la Slovaquie et la République tchèque avaient accepté de ne pas bloquer cette initiative cruciale de l'UE, mais à une condition précise : ne pas subir de répercussions financières négatives. La situation actuelle montre que Budapest revient sur cette position, liant directement la question énergétique à l'aide financière à l'Ukraine.
Cette prise de position hongroise intervient dans un contexte géopolitique complexe où les approvisionnements énergétiques russes restent vitaux pour certains pays européens, malgré les sanctions imposées à Moscou. Le blocage potentiel du prêt ukrainien illustre les divisions persistantes au sein de l'UE sur la manière de soutenir Kiev tout en préservant les intérêts nationaux de chaque État membre.



