L'Europe face au conflit iranien : une impuissance stratégique exposée
Europe et conflit iranien : une impuissance stratégique

L'Europe désunie face à la crise iranienne

Les pays européens n'ont pas réussi à se positionner à la hauteur des enjeux stratégiques posés par la situation iranienne. Confrontés au fait accompli de l'intervention militaire américano-israélienne, ils doivent désormais gérer les conséquences d'un conflit à leurs portes qui affecte directement leur sécurité, sans pourtant disposer de véritable capacité d'action.

Des réactions divergentes et confuses

Pris de court par une opération pourtant prévisible, les dirigeants européens ont répondu dans la plus grande confusion. L'Espagne a condamné l'intervention, certains pays l'ont approuvée, tandis que la majorité s'est abstenue de prendre position clairement. Cette cacophonie diplomatique révèle les profondes divisions au sein de l'Union européenne sur les questions de sécurité internationale.

Certes, Donald Trump a une nouvelle fois pris des libertés avec le droit international et la charte des Nations Unies, mais il n'est pas le premier président américain à agir ainsi. L'implication des États-Unis s'explique également par des considérations électorales internes, avec des législatives de mi-mandat difficiles approchant le 3 novembre. Historiquement, les interventions militaires au Proche-Orient n'ont jamais constitué un vecteur efficace pour promouvoir la démocratie.

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Une occasion historique manquée ?

Pourtant, l'opération en Iran représentait une opportunité historique de contrer, voire d'éliminer, un régime considéré comme malfaisant. Ce régime chiite a imposé la terreur depuis un demi-siècle au Proche-Orient et au-delà, prenant pour cible l'Occident, cherchant à éradiquer Israël, et recourant régulièrement au terrorisme contre les intérêts européens, particulièrement français.

Cette théocratie a promu l'islamisme le plus réactionnaire, opprimé sa population, éliminé ses opposants et persécuté les femmes. Depuis quatre ans, elle soutient activement la guerre d'agression russe contre l'Ukraine, devenant ainsi un acteur majeur de l'insécurité européenne.

Les intérêts européens directement menacés

Des risques multiples et interconnectés

Les dirigeants européens ont raté l'occasion de manifester un soutien clair aux États-Unis et à Israël, se contentant d'appels à la désescalade. Ils auraient pu se réjouir plus ouvertement de l'élimination de l'ayatollah Ali Khamenei, tout en dénonçant le « deux poids, deux mesures » de Donald Trump concernant sa tolérance envers les exactions russes en Ukraine.

Au-delà de l'impératif moral, le conflit iranien menace des intérêts européens essentiels :

  • La résurgence du terrorisme islamiste
  • La relance des flux migratoires en cas de chaos en Iran
  • La flambée des prix de l'énergie, comme l'a montré la décision du Qatar de cesser sa production de gaz naturel liquéfié après les attaques iraniennes
  • La lutte contre la prolifération nucléaire
  • La liberté du commerce maritime, entravée par les tentatives iraniennes de bloquer le détroit d'Ormuz et les menaces des Houthis au Yémen
  • La sécurité des partenaires du Proche-Orient, du Liban aux monarchies du Golfe en passant par la Jordanie et Israël

Une impuissance stratégique révélée

Qu'ils le veuillent ou non, les Européens ne peuvent se soustraire à ce conflit. Les dirigeants allemand, français et britannique l'ont reconnu en se déclarant prêts à mener « des actions défensives nécessaires et proportionnées » pour détruire les capacités militaires iraniennes. Mais cette posture défensive ne suffit pas.

La guerre en Iran constitue un nouveau choc pour l'Europe, après celui de l'Ukraine. Elle expose au grand jour les insuffisances géopolitiques du continent, sa vulnérabilité migratoire, sa dépendance énergétique et ses déficiences militaires. Le mieux que l'Europe puisse faire désormais est d'aider les États-Unis à gérer la transition, afin d'éviter que l'Iran ne devienne un trou noir géopolitique à ses frontières sud-est. Pour cela, elle ne peut plus se contenter du rôle de spectatrice passive.

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