Une intense vague de chaleur touche une grande partie de l'Europe ce mardi 12 août, avec des records de température et une multiplication des incendies favorisés par la sécheresse. En Espagne, un homme est mort et des milliers de personnes ont été évacuées. Voici ce qu'il faut retenir.
Une canicule historique
L'Europe suffoque sous le poids d'une canicule qui s'installe, alors que les incendies, dont le nombre et l'intensité sont favorisés par le réchauffement climatique, se multiplient, notamment dans la péninsule ibérique. En Espagne, où plusieurs dizaines d'incendies ont été dénombrés, un homme est mort dans la nuit à Tres Cantos, une localité située à 25 km au nord de Madrid. L'incendie, qui avait éclaté lundi soir, a détruit plus d'un millier d'hectares. L'homme a été brûlé sur plus de 90 % du corps.
Le Premier ministre espagnol Pedro Sánchez a commenté sur le réseau X : "Nous sommes en risque extrême pour les incendies de forêt." Plusieurs milliers de personnes ont été contraintes de passer la nuit hors de chez elles, leur évacuation se faisant parfois dans l'urgence.
La France en vigilance rouge
En France, 14 départements du sud-ouest et du centre-est sont en vigilance rouge canicule. "C'est étouffant, il n'y a pas d'air, que du béton", constate Andréa, 21 ans, qui démarche les piétons pour une association à Lyon. "Fait déjà trop chaud", se plaint Alain Bichot, 34 ans, attablé en terrasse à Dijon. "Je préfère encore aller au bureau. Au moins, il y a la clim'", ajoute-t-il.
Un phénomène attendu
"La vague de chaleur affectant actuellement la France, l'Espagne et les pays des Balkans n'est pas surprenante", a expliqué à l'AFP Akshays Deoras, expert en météorologie à l'université britannique de Reading. "Elle est conduite par un dôme de chaleur qui persiste au-dessus de l'Europe. En raison du changement climatique, nous vivons dans un monde sensiblement plus chaud, ce qui accroît la fréquence et l'intensité des vagues de chaleur."
La sécheresse touche plus de la moitié de l'Europe, principalement le pourtour méditerranéen, depuis plusieurs mois, créant un terrain propice aux incendies. L'Agence britannique pour l'Environnement a indiqué mardi que la pénurie d'eau en Angleterre était désormais classée "d'importance nationale". Les six premiers mois de l'année ont été les plus secs depuis 1976.
Évacuations en Espagne
Dans le sud de l'Espagne, un drame a été évité lundi soir lorsque le feu a repris près de Tarifa, en Andalousie, une zone très prisée des touristes déjà frappée la semaine dernière. "Nous avons vécu des moments de danger extrême, parce que les flammes arrivaient à l'entrée des urbanisations", a expliqué Antonio Sanz, conseiller à l'Intérieur du gouvernement régional andalou, ajoutant que les évacuations s'étaient opérées "dans un temps record". Un agent de la Garde civile participant aux opérations a été blessé après avoir été renversé par une voiture.
Mardi matin, sur quelque 2 000 personnes évacuées dans la province de Cadix, plusieurs centaines ont reçu l'autorisation de rentrer chez elles. De même, environ 600 résidents de plusieurs villages évacués en raison de l'incendie qui a ravagé le site naturel de Las Médulas, classé par l'Unesco, dans la région de Castille-et-Léon, ont pu rentrer chez eux, mais plusieurs incendies restaient actifs près de Zamora.
Le Portugal et l'Italie touchés
Au Portugal voisin, trois incendies continuaient de faire rage, le plus préoccupant étant celui de Trancoso centre, qui a débuté samedi et mobilisait 700 pompiers et quatre moyens aériens. Les autorités redoutent une journée très difficile en raison de températures pouvant atteindre 44 °C dans le Sud.
L'Italie n'est pas épargnée, avec 11 villes placées en alerte rouge, dont Rome, Milan et Turin. La seule bonne nouvelle concerne les progrès réalisés contre un incendie ravageant depuis samedi une zone du parc national du Vésuve, le volcan dominant le golfe de Naples.
Les Balkans en première ligne
Au sud-est du continent, les Balkans sont également touchés : l'Albanie compte encore 14 foyers actifs, le Monténégro et la Croatie sont aussi concernés. Le Kosovo a connu en juillet son jour le plus chaud jamais enregistré avec 42,4 °C.



