Donald Trump : les volte-face spectaculaires du président américain depuis son retour
Entre coups de pression, ultimatums et négociations infructueuses, le chef d'État américain n'a cessé de souffler le chaud et le froid depuis son retour dans le Bureau ovale en janvier 2025. Tant sur la scène internationale qu'en politique intérieure, la liste de ses revirements spectaculaires ne fait que s'allonger, créant une situation qui commence à lui coller à la peau. Certains observateurs résument même cette méthode par l'acronyme Taco (Trump always chickens out), ce qui signifie littéralement : Trump se dégonfle toujours.
En Iran : ultimatum repoussé et cessez-le-feu fragile
Dans le conflit qui oppose les États-Unis à l'Iran et Israël au Liban, Donald Trump est passé maître dans l'art du rétropédalage. Alors qu'il soutenait fermement un changement de régime en Iran après l'opération Fureur épique et les bombardements intenses, il avait menacé de détruire les infrastructures stratégiques et assuré qu'une civilisation entière allait disparaître pour ne jamais revenir si Téhéran ne rouvrait pas le détroit d'Ormuz avant l'heure limite fixée.
Pourtant, à moins de deux heures de l'expiration de son ultimatum, le président américain a finalement reculé pour annoncer un cessez-le-feu de deux semaines. Cette trêve fragile a notamment été permise grâce aux médiations diplomatiques du Pakistan en coulisses. Donald Trump a évoqué des discussions très avancées avec Téhéran, qui a transmis une proposition en 10 points, tout en menaçant d'appliquer des droits de douane de 50% à tous les pays fournissant des armes à l'Iran.
Au Groenland : pression et accord avec l'Europe
Ce n'est pas la première fois que le milliardaire, dont l'état de santé inquiète de plus en plus, utilise la menace d'une escalade comme levier de négociations. Au Groenland, il avait également soufflé le chaud et le froid en mettant la pression sur l'île autonome du Danemark, pays membre de l'OTAN. Je n'aime pas le dire comme ça, mais il va nous falloir prendre possession de ce territoire arctique pour des questions de sécurité internationale, avait-il déclaré.
Ces menaces avaient plongé les relations transatlantiques entre l'Europe et Washington dans leur crise la plus grave depuis des décennies. Mais là encore, le chef d'État a opéré un double recul, renonçant à la fois à s'emparer par la force du Groenland et à imposer des droits de douane punitifs à ses alliés européens, annonçant avoir trouvé un cadre d'accord concernant le territoire autonome danois. Si l'agitation autour du Groenland semble désormais retombée, des questions persistent quant à l'attitude américaine vis-à-vis de l'OTAN, les Européens restant prudents face au manque de détails sur cet accord.
En Ukraine : promesses non tenues et guerre persistante
Pendant sa campagne présidentielle, quelques mois avant son retour à la Maison-Blanche, Donald Trump avait promis de mettre un terme à la guerre entre Kiev et Moscou en vingt-quatre heures. Dès son arrivée au Bureau ovale, il avait sommé Vladimir Poutine de trouver un accord de paix sous peine de sanctions. Après plusieurs cycles de pourparlers en Turquie, restés vains, le président américain avait donné cinquante jours à son homologue russe pour trouver une issue au conflit, ultimatum ensuite resserré à dix jours, sans aboutir à aucun changement.
Plus tard, Donald Trump et Vladimir Poutine se sont rencontrés en Alaska sans rien dévoiler d'un éventuel plan de paix pour l'Ukraine. Le milliardaire s'était fixé comme ambition d'organiser une réunion tripartite avec le chef d'État russe et le président ukrainien Volodymyr Zelensky pour décrocher un cessez-le-feu, qui se fait toujours attendre. Ainsi, le conflit le plus meurtrier en Europe depuis la Seconde Guerre mondiale continue de faire rage.
Droits de douane : mesures anticonstitutionnelles et nouveaux tarifs
Autre revirement spectaculaire, la gestion des droits de douane. Le républicain avait semé la panique dans les capitales du monde entier il y a un peu plus d'un an, lors de ce qu'il a présenté comme le jour de la libération, en annonçant une série de droits de douane sur l'ensemble des produits entrant aux États-Unis.
Il avait également mis en place des surtaxes visant plusieurs secteurs industriels, tels que l'acier, l'aluminium, l'automobile et le cuivre, sur les produits de 60 partenaires commerciaux, avec des taux de 20% pour les produits européens et 104% pour la Chine. Ces mesures avaient suscité de nombreuses réponses commerciales de la part des pays concernés, l'Union européenne adoptant ses premières ripostes contre plus de 20 milliards d'euros de marchandises made in USA.
Bruxelles s'était toutefois dite prête à suspendre ses réponses à tout moment en cas d'accord juste et équilibré avec Washington, avant que Donald Trump, coutumier du fait, ne fasse à nouveau marche arrière. Depuis, la Cour suprême a annulé une partie de ces surtaxes, les jugeant anticonstitutionnelles, mais le gouvernement a répondu en annonçant l'introduction de nouveaux droits de douane de 10% jusqu'à fin juillet 2026.
Minneapolis : rhétorique incendiaire et politique migratoire fluctuante
Il n'y a pas qu'à l'international que le président américain use de ces va-et-vient permanents. En politique intérieure aussi, Donald Trump emploie sa fameuse rhétorique incendiaire. Face à la vague d'émotions suscitée par la mort de deux Américains à Minneapolis en janvier dernier, et après avoir promis une petite désescalade et un retrait partiel de la police de l'immigration (ICE) déployée dans la ville, le président américain a renoué avec sa politique de retour en arrière.
Il s'en est pris notamment au maire démocrate Jacob Frey, déclarant : J'ai appris que peut-être une approche plus délicate pourrait être utile. Mais il faut tout de même être dur dans la mise en œuvre de la politique migratoire. Dans le même exercice d'équilibre, Tom Homan, tsar des frontières de Donald Trump, avait également soufflé le chaud et le froid en vantant la collaboration avec les autorités locales, tout en assurant qu'il ne quitterait pas Minneapolis tant que tout ne serait pas terminé. Épicentre de l'offensive anti-immigration de Donald Trump, l'opération Metro Surge a mobilisé plus de 3 000 agents fédéraux.



