Discours de Trump : Un État de l'Union sans surprise face à une Cour suprême qui résiste
Trump face à la Cour suprême après son discours sans surprise

Un discours historique par sa longueur mais sans originalité

Le discours sur l'état de l'Union le plus long de l'histoire des États-Unis ne marquera pas les esprits par son innovation. Devant le Congrès, la Cour suprême et des centaines d'invités, le président Donald Trump a répété les messages qu'il distille depuis plus d'un an lors de chaque prise de parole publique.

« Notre nation est de retour, plus grande, plus riche, plus forte qu'elle ne l'a jamais été », a-t-il déclaré, martelant une formule devenue familière. Pour illustrer la prospérité qu'il prétend avoir instaurée, il a ajouté sur le ton de la plaisanterie : « Les gens me disent “s'il vous plaît Monsieur le président, on gagne trop d'argent, il faut arrêter”. Et moi je leur réponds “non, non vous allez en gagner encore beaucoup plus !” ».

Attaques répétées contre les démocrates et l'immigration

Comme à son habitude, Trump n'a pas manqué de critiquer ses prédécesseurs démocrates, qualifiant leur gestion de « calamiteuse » et accusant « les démocrates fous et malades avec leur immigration incontrôlée » d'avoir failli détruire le pays. Il s'est présenté comme le protecteur des « bons citoyens américains » face aux étrangers en situation illégale.

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Pour souligner son soutien, il a invité son auditoire à se lever, provoquant une standing ovation d'une minute tandis qu'il affichait un sourire condescendant envers les démocrates restés assis. Cette mise en scène télévisée visait à montrer son influence, à un moment crucial où sa popularité atteint un niveau bas.

Une popularité en berne et des politiques contestées

Le président américain savait l'enjeu important, avec une audience maximale avant les élections de mi-mandat. Un récent sondage Ipsos pour le Washington Post et ABC News révèle qu'une majorité d'électeurs désapprouve sa gouvernance dans presque tous les domaines : droits de douane, coût de la vie, politique de santé, méthodes de l'agence ICE contre les immigrés. Seul le prix de l'essence recueille son assentiment.

Sur la scène internationale, Trump, qui aspire au prix Nobel de la paix, est perçu non comme le non-interventionniste élu, mais comme un président risquant un conflit avec l'Iran, peinant au Proche-Orient, stagnant sur l'Ukraine et s'isolant de ses alliés avec des ambitions au Groenland.

La Cour suprême : un contre-pouvoir inattendu

L'élément le plus gênant pour Donald Trump est la décision de la Cour suprême, intervenue juste avant son discours, qui invalide les droits de douane imposés au reste du monde, socle de sa stratégie économique. Bien qu'il ait contourné cette décision par une loi temporaire autorisant 15% de ces droits pour 150 jours, le coup est rude.

Politiquement, cette décision manifeste un contre-pouvoir jusqu'alors sous-estimé. Le juge John G. Roberts, président conservateur de la Cour, a rappelé la séparation des pouvoirs, soulignant que l'urgence invoquée par Trump ne s'appliquait pas et que c'était au Congrès de fixer les règles fiscales et commerciales. Le rôle du président est d'appliquer la loi, non de la créer, a-t-il insisté.

Un avenir incertain pour Trump

Cette position montre que Trump ne peut plus compter sur la Cour suprême, quelle que soit sa décision. Il lui reste le Congrès, où il bénéficie d'une courte majorité, mais les élections de novembre prochain pourraient la remettre en cause. Dans neuf mois, Donald Trump risque de devenir un « lame duck » (canard boiteux), avec un pouvoir restreint et sans possibilité de se représenter, face à une institution judiciaire qui lui résiste et une opinion publique de plus en plus sceptique.

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