Un geste de protestation anti-raciste vire à l'expulsion au Congrès américain
Mardi soir, lors du traditionnel discours sur l'état de l'Union prononcé par le président américain Donald Trump devant le Congrès, la tension politique a atteint un paroxysme. Al Green, élu démocrate à la Chambre des représentants, a interrompu la cérémonie en brandissant une pancarte à l'adresse directe du président.
« Les Noirs ne sont pas des singes » : un message clair face au président
Sur sa pancarte, visiblement préparée pour l'occasion, Al Green avait inscrit en lettres capitales : « Les Noirs ne sont pas des singes ». Ce geste symbolique visait explicitement à rappeler à Donald Trump la vidéo raciste qu'il avait republiée sur ses réseaux sociaux, dépeignant l'ancien président Barack Obama et son épouse Michelle sous les traits de primates.
La scène s'est déroulée alors que Donald Trump se trouvait à quelques mètres seulement du représentant démocrate. Immédiatement, les huissiers du Congrès sont intervenus pour expulser Al Green de la salle, l'encadrant fermement tandis que retentissaient dans l'hémicycle les cris de « USA, USA » lancés par certains partisans du président.
Un précédent et un contexte de défiance grandissante
Il ne s'agit pas de la première expulsion d'Al Green du Congrès. Il y a un an, le même élu avait déjà été exclu pour avoir crié son opposition à Donald Trump lors d'une séance similaire. Cette fois, sa protestation prend une dimension particulière en référence directe au scandale de la vidéo raciste.
Face aux critiques, Donald Trump avait alors affirmé avoir republié cette vidéo sans avoir vu le passage incriminé, situé à la fin du montage. Cette explication n'a pas convaincu l'opposition démocrate ni une partie de l'opinion publique.
Un président en difficulté dans les sondages d'opinion
L'opposition à Donald Trump ne se limite pas aux bancs du Congrès. Selon un sondage réalisé par The Economist entre le 13 et le 16 février, les Américains désapprouvent à 56% la manière dont le président accomplit son travail. Les critiques portent sur plusieurs aspects :
- 53% désapprouvent sa politique anti-immigration
- 52% n'aiment pas sa personne
- 57% estiment qu'il ne se soucie pas des problèmes du peuple
- 55% pensent qu'il utilise le département de la justice contre ses ennemis politiques
Plus révélateur encore, seuls 24% des sondés pensent que Donald Trump n'est pas raciste et seulement 20% qu'il n'est pas dangereux. Ces chiffres illustrent la défiance grandissante d'une partie de la population américaine envers son président, défiance que des élus comme Al Green expriment de plus en plus ouvertement, quitte à en payer le prix de l'exclusion.



