Les Clinton témoignent à huis clos sur leurs liens avec Epstein
Les Clinton témoignent sur leurs liens avec Epstein

Les Clinton face à la commission Epstein : un témoignage à huis clos historique

Depuis le 30 janvier, l'affaire Epstein ne quitte plus les unes des médias, mais certains jours marquent des tournants décisifs dans la compréhension de ce dossier explosif, constamment submergé par un flux incessant de révélations. Ces jeudi et vendredi s'annoncent comme des moments charnières : après des mois de refus, les époux Clinton vont finalement témoigner, à huis clos, devant la commission de surveillance de la Chambre des représentants. Hillary Clinton comparaît jeudi, suivie de Bill Clinton vendredi, leurs dépositions se déroulant sous serment alors que l'ancien président Donald Trump les accuse depuis des années de proximité avec le prédateur sexuel.

Un long bras de fer politique aboutit à des auditions fermées

L'organisation de ces deux auditions résulte d'un conflit prolongé entre le couple Clinton et James Comer, le chef républicain de la puissante commission spécialement créée pour enquêter sur les crimes de Jeffrey Epstein. Pendant plusieurs mois, Hillary et Bill Clinton ont rejeté les convocations, les qualifiant de politiquement motivées et "légalement non valables". Le 13 janvier dernier, leur absence au Capitole avait provoqué la colère de Comer, qui menaçait des poursuites pour entrave au Congrès. "Personne n'accuse Bill Clinton de quoi que ce soit de répréhensible, nous avons seulement des questions", avait-il déclaré. Bien qu'ils aient finalement accepté de répondre aux questions, leur demande d'audience publique a été rejetée. Seules les transcriptions seront rendues publiques, a confirmé James Comer.

Des liens documentés mais des actes non établis

Si Donald Trump a souvent instrumentalisé ces accusations pour détourner l'attention de sa propre proximité avec Epstein, les connexions entre les Clinton et le millionnaire, accusé de trafic sexuel, sont bien réelles, même si aucun acte répréhensible n'a été prouvé. Ancien président américain de 1993 à 2001, Bill Clinton est mentionné plus de 1 600 fois dans les documents publiés par le département de la Justice fin janvier. Des archives de la Commission électorale fédérale révèlent qu'Epstein a financé une partie de la campagne présidentielle victorieuse de Bill Clinton en 1992 et celle d'Hillary Clinton pour le Sénat en 1999.

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Plusieurs photographies des deux hommes ont été diffusées par le département de la justice, ainsi que des clichés de Bill Clinton en compagnie de jeunes femmes, leurs visages anonymisés par un carré noir. Une image particulièrement virale sur les réseaux sociaux montre l'ancien président avec une femme assise sur ses genoux. Alors qu'il a invité Jeffrey Epstein au moins 17 fois à la Maison-Blanche et qu'il apparaît plus d'une vingtaine de fois sur la liste des passagers de son jet privé, Bill Clinton affirme avoir rompu tout contact bien avant que les crimes ne soient rendus publics. Contrairement aux affirmations répétées de Donald Trump, aucune preuve ne corrobore un séjour de Bill Clinton sur l'île d'Epstein, où de nombreuses femmes disent avoir été agressées sexuellement. Cependant, la commission pourrait se pencher sur un voyage en Afrique du Sud en 2002 à bord de l'avion d'Epstein : selon un rapport du FBI, quatre jeunes femmes de 20 à 22 ans, dont une masseuse, une mannequin et une ballerine, figuraient parmi les passagers, rapporte le Washington Post.

Transparence contestée et stratégie incertaine

Pour les époux Clinton, l'absence d'audience publique contredit la promesse de "transparence" faite par James Comer. "Vous aimez parler de transparence. Il n'y a rien de plus transparent qu'une audience publique, les caméras allumées. Nous serons là", s'était indignée Hillary Clinton sur X début février. Cette approche vise à éviter les spéculations autour du dossier, alors que Donald Trump n'a cessé de l'exploiter, reprenant même des théories du complot. En 2019, après la mort d'Epstein dans sa cellule, l'actuel président américain avait relayé des messages avec le hashtag #ClintonBodyCount, accusant le couple d'être impliqué dans le décès du prédateur sexuel.

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À quelques heures de l'audience d'Hillary Clinton, qui a toujours nié tout lien avec Jeffrey Epstein et affirmé n'avoir jamais voyagé dans son avion, la stratégie du couple reste floue. Si les connexions entre Bill Clinton et le millionnaire sont bien documentées, ils pourraient utiliser leur audition pour apporter de nouveaux éléments à l'enquête, d'autant que les révélations récentes ne leur sont pas favorables. Mercredi 25 février, l'ancien ministre des Finances de Bill Clinton, Larry Summers, a annoncé sa démission de son poste d'enseignant à Harvard, après avoir déjà quitté la vie publique en novembre dernier suite à la divulgation de correspondances avec Epstein après sa condamnation en 2008. "J’assume l’entière responsabilité de ma décision mal avisée de continuer à communiquer avec M. Epstein", avait-il déclaré dans un communiqué.