Les époux Clinton confrontés aux questions sur Jeffrey Epstein
L'ancienne cheffe de la diplomatie américaine Hillary Clinton témoigne ce jeudi à huis clos devant une commission parlementaire de la Chambre des représentants, dominée par les républicains. L'audition porte spécifiquement sur les liens passés entre son mari, l'ancien président Bill Clinton, et le criminel sexuel Jeffrey Epstein, décédé en prison en 2019.
Une séquence d'auditions controversées
Cette déposition intervient après celle de Ghislaine Maxwell, la complice de Jeffrey Epstein, entendue le 9 février dernier par visioconférence depuis sa cellule où elle purge une peine de vingt ans d'emprisonnement pour exploitation sexuelle. L'audition de Maxwell avait été particulièrement brève, l'intéressée ayant invoqué son droit constitutionnel à garder le silence, comme prévu par ses avocats.
L'avocat de Ghislaine Maxwell, David Markus, a cependant déclaré lors de cette audition que sa cliente était « prête à parler complètement et honnêtement si elle obtient une grâce du président Donald Trump ». Selon ses propos rapportés dans une vidéo de l'audition parlementaire, Maxwell serait notamment disposée à témoigner que « le président Trump et le président Clinton sont innocents de tout méfait ».
Les déclarations des anciens présidents
Donald Trump et Bill Clinton, tous deux âgés de soixante-dix-neuf ans, ont chacun reconnu avoir entretenu des relations avec Jeffrey Epstein par le passé. Les deux hommes affirment cependant avoir rompu tout contact avec lui bien avant sa mort en détention à New York en 2019, et soutiennent n'avoir jamais eu connaissance de ses activités criminelles.
La déposition d'Hillary Clinton se déroule à Chappaqua, dans l'État de New York, où réside le couple Clinton. Celle de Bill Clinton est programmée pour le lendemain, vendredi, au même endroit. « Nous n'avons rien à cacher », a déclaré Hillary Clinton, soixante-dix-huit ans, à la BBC en février dernier, rappelant que le couple avait à plusieurs reprises demandé la publication intégrale du dossier Epstein.
Le contexte politique explosif
Le ministère américain de la Justice a publié le 30 janvier dernier plus de trois millions de pages du dossier Epstein, partiellement caviardées. L'administration Trump a ainsi affirmé s'être acquittée de son obligation légale, imposée par une loi adoptée en novembre par le Congrès, de faire toute la lumière sur cette affaire politiquement sensible.
Todd Blanche, numéro deux du ministère de la Justice et ancien avocat personnel de Donald Trump, a cependant prévenu dès le départ que ces documents ne contenaient aucun élément susceptible d'aboutir à des poursuites supplémentaires.
Des mois de tensions parlementaires
Les témoignages des époux Clinton mettent fin à des mois de conflit avec le président républicain de cette commission, James Comer. Initialement convoqués en octobre dernier, Bill et Hillary Clinton avaient refusé de comparaître, accusant les républicains de vouloir détourner l'attention des relations passées entre Jeffrey Epstein et Donald Trump.
Menacés de poursuites pour entrave au Congrès, les Clinton ont finalement annoncé fin janvier qu'ils acceptaient d'être entendus. Les deux anciens responsables politiques ont exigé en vain des auditions publiques, expliquant vouloir éviter toute instrumentalisation de leurs déclarations par l'opposition républicaine.
Les voyages et les dénégations
Bill Clinton, qui a voyagé à plusieurs reprises à bord du jet privé de Jeffrey Epstein et a été photographié de nombreuses fois en sa compagnie, avait affirmé en 2019 ne pas lui avoir parlé depuis plus d'une décennie. Quant à Donald Trump, malgré ses assurances selon lesquelles il n'aurait « jamais pris l'avion d'Epstein », son nom apparaît huit fois sur la liste des passagers de l'appareil entre 1993 et 1996, selon un courriel d'enquêteur datant de 2020.
Bien que la simple mention d'un nom dans le dossier Epstein ne suppose aucun acte répréhensible a priori, de nombreuses personnalités publiques redoutent les répercussions des révélations sur leurs relations passées avec le criminel sexuel. Cette affaire continue d'agiter le paysage politique américain alors que s'approchent les prochaines échéances électorales.



