Hillary Clinton confrontée à la commission parlementaire sur l'affaire Epstein
Contrainte et forcée, l'ancienne secrétaire d'État Hillary Clinton s'est finalement soumise à l'exercice des questions-réponses. Ce jeudi 26 février, à Chappaqua dans l'État de New York, elle a comparu devant la commission de surveillance de la Chambre des représentants pour éclaircir ses relations avec le criminel sexuel Jeffrey Epstein. Cette audition à huis clos, qui a duré près de six heures, n'a pas produit de révélations fracassantes mais a permis à la démocrate de se défendre concernant ses liens réels avec le financier américain et sa complice Ghislaine Maxwell.
Des dénégations fermes et répétées
"Je n'avais aucune idée de leurs activités criminelles", a-t-elle affirmé dans une déclaration liminaire publiée sur son compte X. "Je ne me souviens pas avoir un jour rencontré M. Epstein. Je n'ai jamais voyagé à bord de son avion ni visité sa résidence insulaire ou ses bureaux." Concernant Ghislaine Maxwell, qui avait assisté au mariage de sa fille Chelsea en 2010, Hillary Clinton a décrit des relations "superficielles" et limitées à une simple connaissance.
Une famille régulièrement convoquée
Hillary Clinton et son époux Bill ont été appelés à témoigner à plusieurs reprises devant cette commission parlementaire. L'ancien président avait en effet accueilli Jeffrey Epstein à la Maison-Blanche durant son mandat, voyagé dans son jet privé et été photographié en sa compagnie. Interrogée par CNN sur la possible connaissance par Bill Clinton des agissements criminels d'Epstein, Hillary Clinton s'est dite "certaine" du contraire. Durant son audition, elle a régulièrement renvoyé les questions concernant son mari, qui doit être entendu le vendredi suivant.
Une participation obtenue sous la menace
Les deux anciens responsables avaient longtemps refusé de comparaître, estimant que les républicains instrumentalisait l'affaire à des fins politiques. Mais sous la menace de poursuites pour "outrage" en cas de refus malgré une assignation formelle, ils ont finalement accepté début février de témoigner. Hillary Clinton n'a pas manqué de dénoncer un "théâtre politique partisan" devant les journalistes.
L'accusation de détournement d'attention
Selon l'ex-candidate à la présidence, cette audition vise à détourner l'attention des relations entre Jeffrey Epstein et Donald Trump. "Vous m'avez contrainte à témoigner, en sachant pertinemment que je ne possède aucune information susceptible de vous aider dans votre enquête, afin de détourner l'attention des agissements du président Trump", a-t-elle taclé. Elle a également rappelé que plusieurs documents concernant Donald Trump avaient été expurgés des dossiers Epstein publiés fin janvier.
Des questions jugées incongrues
Face à la presse, Hillary Clinton s'est émue des échanges "inhabituels" avec certains membres républicains de la commission. "Ils m'ont interrogée à propos des ovnis et posé des questions au sujet du 'pizzagate', l'une des théories du complot les plus viles et bidon à avoir été propagées sur le web", a-t-elle déploré. Elle faisait référence à cette théorie conspirationniste diffusée durant sa campagne présidentielle, qui avait failli déboucher sur un drame lorsqu'un homme avait pénétré armé dans une pizzeria de Washington en décembre 2016.
La réponse des républicains
Malgré ces critiques, le camp républicain assume sa démarche. "Il ne s'agit pas d'une chasse aux sorcières partisane", a promis le représentant républicain James Comer, président de la commission. "C'était une motion bipartite, soutenue par les démocrates, visant à faire entrer les Clinton." Donald Trump, qui affirme être "totalement exonéré" dans cette affaire, avait pourtant demandé en novembre au département de la justice d'enquêter sur les liens entre plusieurs personnalités, dont Bill Clinton, et le criminel sexuel.



