Aux États-Unis, la graisse de cadavres utilisée pour la chirurgie esthétique
Graisse de cadavres pour chirurgie esthétique aux États-Unis

La pratique controversée des « nécros cosmétiques » se développe aux États-Unis

Le Guardian a révélé, jeudi dernier, une pratique étonnante aux États-Unis : le don de corps à la science peut désormais servir la chirurgie esthétique. Ce secteur utilise de plus en plus les tissus de personnes volontaires décédées pour ses opérations, une tendance qui soulève des questions éthiques et sanitaires.

Des sociétés spécialisées dans le traitement de la graisse humaine

Plusieurs entreprises privées se sont spécialisées dans le traitement de la graisse de cadavres pour en faire un produit directement injectable. Ces produits, comme le Renuva de MTF Biologics ou l'AlloClae de Tiger Aesthetics, sont utilisés pour des interventions esthétiques telles que le repulpage des joues, le comblement des sillons nasogéniens, ou encore le lifting brésilien des fesses.

« Je pensais que tout le monde allait trouver ça dégoûtant. Mais moins de gens que vous ne le pensez s'en soucient », a commenté le docteur Haideh Hirmand, chirurgienne plastique basée à New York. Cette indifférence relative permet à ce marché de prospérer.

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Une alternative aux méthodes traditionnelles

Traditionnellement, la chirurgie reconstructrice utilise des tissus de donneurs décédés pour réparer des brûlures ou reconstruire des parties du corps. Depuis une dizaine d'années, la graisse de ces corps, auparavant jetée, est récupérée pour des opérations purement esthétiques.

Cette option est privilégiée par certains patients qui évitent ainsi les produits de comblement à base d'acide hyaluronique ou la transplantation de leur propre graisse. Les patients trop maigres ou ceux qui redoutent les gonflements et troubles lymphatiques liés aux méthodes classiques y trouvent une solution.

Avantages pratiques et incertitudes sanitaires

Contrairement aux greffes de graisse traditionnelles, l'utilisation de produits comme le Renuva ou l'AlloClae ne nécessite aucune convalescence ou anesthésie, pour des opérations très courtes. La graisse est préalablement traitée et purifiée de tout matériel génétique.

Cependant, même si ces produits sont autorisés par la FDA aux États-Unis, leurs effets sur le long terme ne sont pas connus. En France, les dons issus des personnes ne peuvent pas servir à la chirurgie esthétique, ce qui souligne les différences réglementaires entre les pays.

Cette pratique, bien qu'efficace pour certains, continue de diviser les professionnels de la santé et le public, entre innovation médicale et considérations éthiques.

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