La DGSE veut contrôler les écrits de ses anciens agents
Le monde de l'espionnage fascine, mais la Direction Générale de la Sécurité Extérieure (DGSE) entend garder un œil sur ce qui s'écrit à son sujet. Depuis 2020, la direction du service de renseignement français insiste pour que les auteurs issus de ses rangs, y compris ceux qui produisent des fictions, soumettent leur manuscrit à une relecture avant toute publication.
Un projet de loi pour encadrer les publications
Cette pratique, jusqu'ici informelle, pourrait devenir une obligation légale. Le projet de loi de programmation militaire, récemment déposé au Parlement, prévoit que tout ancien agent souhaitant publier un ouvrage devra informer le ministre de tutelle de son projet et lui envoyer son manuscrit "avant toute communication à des tiers", y compris l'éditeur. Cette mesure vise à éviter les fuites d'informations sensibles, même dans des œuvres de fiction.
Le succès de séries comme Le Bureau des Légendes a suscité des vocations d'écrivains parmi les anciens du renseignement, ce qui inquiète la DGSE. La boîte souhaite ainsi prévenir tout risque de divulgation involontaire de secrets protégés par le secret défense.
Un encadrement qui interroge
Si l'objectif de protection des sources et des méthodes est compréhensible, cette mesure soulève des questions sur la liberté d'expression et le droit des anciens agents à témoigner. Les éditeurs, de leur côté, redoutent des délais supplémentaires et une forme de censure préalable. Le débat parlementaire promet d'être animé.
En attendant, les auteurs concernés devront se plier à cette relecture, sous peine de sanctions. La DGSE rappelle que le devoir de réserve et la protection des secrets d'État s'appliquent même après la fin de la carrière.



