Soupçons d'espionnage chez Dassault Aviation : l'intérimaire relâché après garde à vue
Un jeune homme de 19 ans, interpellé mardi soir sur le site de Dassault Aviation à Cergy dans le Val-d'Oise, a finalement été relâché jeudi après sa garde à vue. Il était suspecté de vol de données et violation de secret de fabrique, notamment pour avoir été surpris avec des lunettes susceptibles de filmer et d'être connectées.
Une enquête qui écarte les soupçons de filmage
Selon le procureur de Pontoise, Guirec Le Bras, l'enquête a révélé que le mis en cause n'avait pas utilisé ses lunettes, achetées le 7 février, pour filmer au sein de l'entreprise. Cependant, l'exploitation de son téléphone a permis de constater la présence de photos de câbles d'avion.
Le jeune homme, qui travaillait comme monteur câbleur sur les chaînes d'assemblage du Rafale, aurait expliqué avoir pris ces clichés par souci d'avoir des exemples de câblage pour ses travaux, afin de ne pas solliciter ses collègues. Il a agi malgré les nombreuses affiches rappelant l'interdiction de toute prise de photographie dans l'enceinte de l'entreprise.
Dassault Aviation, un fleuron de l'aéronautique française
Dassault Aviation, qui emploie 14 600 personnes et a réalisé un chiffre d'affaires de 6,2 milliards d'euros en 2024, est un acteur majeur de l'industrie aéronautique. Le groupe a livré plus de 10 000 avions militaires et civils à plus de 90 pays depuis un siècle, notamment des avions de combat Rafale et des jets haut de gamme Falcon. Il produit également des drones militaires et des systèmes spatiaux.
Le Rafale, utilisé par la Marine nationale et l'armée de l'air françaises depuis le début des années 2000, est présenté par son concepteur comme un avion de combat biréacteur totalement polyvalent, capable d'opérer depuis un porte-avions comme depuis une base à terre et d'assurer toutes les missions dévolues à l'aviation de combat.
Les implications pour la sécurité industrielle
Cet incident souligne l'importance des mesures de sécurité dans les sites sensibles de l'industrie de défense. Bien que le jeune intérimaire ait été relâché faute de preuves concrètes d'espionnage, la présence de photos de câbles d'avion sur son téléphone rappelle les risques persistants de violation de secret de fabrique.
Les autorités et les entreprises comme Dassault Aviation doivent rester vigilantes face aux tentatives d'infiltration ou de collecte d'informations sensibles, même lorsque les intentions semblent anodines. Cet épisode sert de rappel sur la nécessité de renforcer la sensibilisation des employés, notamment intérimaires, aux règles strictes de confidentialité et de sécurité.