La ville de Vancouver a mis fin à l'expérimentation de la décriminalisation de la possession de drogues à usage personnel, une politique qui visait à réduire la stigmatisation et les overdoses. Lancée en janvier 2023, cette mesure permettait aux adultes de posséder jusqu'à 2,5 grammes de certaines drogues sans être poursuivis pénalement. Cependant, après plus de trois ans de mise en œuvre, le bilan est contrasté.
Un constat d'échec relatif
Les autorités locales et fédérales ont reconnu que la décriminalisation n'a pas permis de réduire significativement le nombre de décès par overdose, qui reste élevé. En 2025, la Colombie-Britannique a enregistré plus de 2 500 décès liés aux drogues, un chiffre stable par rapport aux années précédentes. Les critiques pointent du doigt l'absence d'infrastructure d'accompagnement et de soins, ainsi que la persistance d'un marché illégal florissant.
Les raisons de l'échec
Plusieurs facteurs expliquent ce bilan mitigé :
- Manque de centres de soins : Les services de réduction des risques et de traitement n'ont pas été développés à la hauteur des besoins.
- Criminalité persistante : Le trafic de drogues reste contrôlé par des réseaux criminels, alimentant violence et insécurité.
- Opposition politique : Le gouvernement fédéral conservateur, élu en 2025, a fait de l'abrogation de cette politique une priorité.
Les espoirs déçus des partisans
Les défenseurs de la décriminalisation espéraient briser le cycle de la criminalisation des consommateurs et orienter les ressources vers la santé publique. À Vancouver, le quartier du Downtown Eastside, épicentre de la crise des opioïdes, reste marqué par une pauvreté et une consommation visibles. Des associations comme l'Organisation pour la survie des toxicomanes dénoncent un retour en arrière préjudiciable.
Quel avenir pour la politique antidrogue ?
Avec la fin de cette expérience, le Canada se tourne vers une approche répressive renforcée, tout en maintenant certains programmes de réduction des risques comme les sites d'injection supervisée. Le débat reste vif entre partisans d'une approche sanitaire et ceux d'une ligne dure. Vancouver, laboratoire mondial des politiques antidrogues, referme ainsi une page, sans avoir trouvé de solution miracle face au fléau des addictions.



