Tunisie : Mourad Zeghidi maintenu en détention, la justice critiquée
Tunisie : Mourad Zeghidi reste en prison

Le journaliste franco-tunisien Mourad Zeghidi, arrêté le 20 avril 2026 à Tunis, a été maintenu en détention provisoire ce mardi 28 avril par le juge d'instruction du tribunal de première instance de Tunis. Cette décision a été prise à l'issue d'une audience à huis clos, suscitant de vives réactions de la part de sa défense et d'organisations de défense des droits de l'homme.

Une arrestation contestée

Mourad Zeghidi, connu pour ses critiques envers le pouvoir tunisien, avait été interpellé à son domicile dans la soirée du 20 avril. Les motifs exacts de son arrestation restent flous, mais les autorités évoquent des accusations de "diffusion de fausses nouvelles" et de "trouble à l'ordre public", des chefs d'inculpation souvent utilisés contre les opposants et les journalistes en Tunisie.

Les arguments de la défense

L'avocat de Zeghidi, Me Samir Ben Amor, a dénoncé une "détention arbitraire" et une "instrumentalisation de la justice à des fins politiques". Il a souligné que son client n'a commis aucun acte de violence et que les charges retenues contre lui sont infondées. "Mourad Zeghidi est un journaliste qui exerce son métier avec professionnalisme. Sa détention est une attaque contre la liberté de la presse en Tunisie", a-t-il déclaré à l'issue de l'audience.

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Un contexte de répression médiatique

Cette affaire s'inscrit dans un contexte de durcissement du pouvoir tunisien envers les médias indépendants. Depuis plusieurs mois, plusieurs journalistes et blogueurs ont été arrêtés ou poursuivis pour leurs écrits. Reporters sans frontières (RSF) a exprimé sa profonde inquiétude et appelé les autorités tunisiennes à respecter la liberté de la presse. "La Tunisie, qui fut un exemple de transition démocratique, glisse dangereusement vers l'autoritarisme", a averti l'organisation.

Réactions internationales

La France, par la voix de son ministère des Affaires étrangères, a demandé la libération immédiate de Mourad Zeghidi, qui possède également la nationalité française. Paris a rappelé son attachement à la liberté d'expression et a appelé les autorités tunisiennes à garantir un procès équitable. De son côté, l'Union européenne a également exprimé sa préoccupation et suit de près l'évolution de la situation.

La famille de Zeghidi appelle à la mobilisation

L'épouse de Mourad Zeghidi, Inès, a lancé un appel à la communauté internationale pour qu'elle intervienne afin de faire libérer son mari. "Mourad est un homme de paix, un journaliste intègre. Il ne mérite pas d'être en prison. Je demande à tous ceux qui croient en la liberté de se mobiliser", a-t-elle déclaré lors d'une conférence de presse à Paris.

Prochaine audience fixée

La prochaine audience dans cette affaire a été fixée au 12 mai 2026. D'ici là, Mourad Zeghidi restera détenu à la prison de la Mornaguia, dans la banlieue de Tunis. Sa défense prévoit de déposer une demande de mise en liberté provisoire. Les regards sont désormais tournés vers la justice tunisienne, dont l'indépendance est plus que jamais remise en question.

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