Un appel urgent des femmes du monde entier en ce 8 mars 2026
En cette Journée internationale des droits des femmes, une tribune initiée par les Guerrières de la Paix, cosignée par une quarantaine de militantes issues de divers horizons – iraniennes, palestiniennes, israéliennes, françaises, entre autres – dont Hanna Assouline, présidente de l'organisation, l'ancienne ministre Najat Vallaud-Belkacem et la chanteuse Noa, rend un hommage poignant au courage de la population iranienne. Le texte souligne que dans un ordre mondial redessiné « sous le signe de la brutalité », les femmes et les sociétés civiles représentent les dernières forces capables de faire obstacle à la spirale de destruction.
Le cas iranien : un symbole de résistance et de souffrance
Notre monde brûle, et cette affirmation n'est ni une métaphore ni un slogan, mais un signal d'alarme criant. Depuis plus de quarante-sept ans, la République islamique d'Iran a pris en otage la société civile, imposant un apartheid de genre, confisquant les droits politiques et fondamentaux, et usant de la terreur par des crimes de masse pour se maintenir au pouvoir. Son influence néfaste s'étend bien au-delà des frontières, finançant et soutenant des groupes terroristes dans toute la région.
Le courage des Iraniens, se soulevant à mains nues contre le régime des mollahs, a inspiré le globe. Cependant, leur révolte pacifique a été réprimée en janvier dernier par des crimes contre l'humanité, avec trente-six mille personnes tuées en quarante-huit heures. Six semaines plus tard, les États-Unis et Israël ont lancé une offensive, plongeant le Moyen-Orient dans une guerre périlleuse impliquant plus de dix pays et causant des morts civiles quotidiennes. Les Iraniens vivent désormais dans un étau d'émotions contradictoires, entre l'espoir d'un effondrement de décennies d'oppression et la peur viscérale pour leurs vies.
Les femmes en première ligne des conflits mondiaux
Ce 8 mars résonne avec le cri de « Femme, vie, liberté », soulignant le destin d'un peuple levé par le souffle des femmes. Leur détermination à construire un avenir démocratique en Iran doit être partagée par tous. Cette journée nous oblige à regarder avec lucidité un monde ravagé par les guerres, où les femmes se dressent sans relâche.
- En Ukraine, une guerre qui s'enlise dévaste le pays.
- En Palestine et en Israël, les ruines et la violence meurtrissent les territoires.
- En Afghanistan, un régime d'oppression contre les femmes s'est installé.
- Au Rojava, en Syrie, les femmes défendent un modèle démocratique inédit.
- Au Soudan, en Birmanie, à Haïti et au Sahel, d'autres conflits s'enlisent, souvent ignorés.
Partout, les guerres contemporaines frappent les femmes au cœur : exil, villes détruites, violences sexuelles utilisées comme armes, effondrement des États, et privation radicale de droits.
Les menaces au-delà des lignes de front
La guerre contre les femmes ne s'arrête pas aux zones de combat. Dans des sociétés en apparence pacifiées, des batailles se livrent dans les parlements, les tribunaux et les urnes. Aux États-Unis, l'accès à l'avortement a été démantelé dans de nombreux États, révélant la fragilité des droits acquis. En Europe, les forces d'extrême droite gagnent du terrain, portant une vision réactionnaire et viriliste qui attaque l'égalité et l'émancipation des femmes.
Ces attaques ne sont pas des crises isolées, mais participent d'une offensive globale contre l'égalité et les principes démocratiques, alimentée par une logique masculiniste, militariste et fondée sur la domination. Dans cette vision, les corps des femmes restent les premiers territoires occupés et sacrifiés.
La résistance et l'espoir portés par les femmes
Pourtant, au milieu des ruines, ce sont les femmes qui maintiennent la vie. Elles préservent les espaces de dialogue, organisent les soins, distribuent la nourriture, protègent les enfants, documentent les crimes et maintiennent les liens entre communautés. Les signataires de cette tribune, venant de pays et de luttes différents, subissent ces guerres mais choisissent de résister ensemble.
Dans cet ordre mondial brutal, les femmes et les sociétés civiles constituent une force capable de faire obstacle à la destruction. Les soutenir implique une pratique politique quotidienne, ancrée dans la réalité, consciente qu'aucune paix durable ne se construit sans les peuples et qu'aucun avenir viable ne peut se bâtir sans les femmes.
Un appel à l'action et à la reconnaissance
Les femmes construisent des alliances là où les États dressent des murs, réparent là où les pouvoirs détruisent, et pensent à long terme. Ce savoir politique invisibilisé en fait des héroïnes du quotidien, et il est temps qu'il soit reconnu et renforcé. Les femmes ne doivent plus être cantonnées à des rôles symboliques de victimes ; elles doivent être pleinement actrices des négociations de paix, des processus de reconstruction et des décisions économiques et sécuritaires.
Nous demandons :
- La participation pleine et entière des femmes à toutes les négociations de paix et processus politiques.
- La protection effective des populations civiles et la fin de l'impunité pour les crimes commis contre elles.
- Le soutien aux organisations de femmes et aux sociétés civiles dans les zones de guerre.
- La reconnaissance du rôle central des femmes dans la reconstruction, la justice et la réconciliation.
Dans toutes nos langues, nous affirmons : Nous ne nous tairons pas. Nous ne nous laisserons pas diviser. Nous ne renoncerons pas. Nous continuerons de lutter pour un monde où aucune femme ne sera un territoire de guerre ou un dommage collatéral acceptable. Ce 8 mars sonne comme un cri d'urgence, celui de la vie qui s'obstine au milieu des ruines. Debout, ensemble, soyons des Guerrières de la paix, préparant une renaissance au-delà du nihilisme.



