Texas : le gouvernement Trump impose un mur frontalier dans les jardins des riverains
Texas : Trump impose un mur frontalier dans les jardins

Texas : l'ultimatum du gouvernement Trump pour construire le mur frontalier

Dans le sud du Texas, à la frontière avec le Mexique, des propriétaires terriens reçoivent des avis leur donnant seulement cinq jours pour décider du sort de leurs terrains. Nayda Alvarez, une professeure de 54 ans vivant dans une petite commune de 300 habitants, a reçu ce mois-ci un document officiel lui proposant trois options concernant la construction d'un mur dans son jardin.

Trois options, une seule issue : la pression sur les propriétaires

« Ils te donnent mille dollars pour leur permettre d'accéder à ta propriété et faire ce qu'ils ont à faire », explique Nayda Alvarez. La deuxième option permet de négocier une vente ou un accord de servitude, tandis que la troisième est l'expropriation pure et simple. À Laredo, ville de 250 000 habitants située sur la rive américaine du Rio Grande, la vie se déroulait jusqu'à présent sans mur frontalier.

En février, au moins soixante propriétaires ont reçu un avis indiquant que leur propriété était « à proximité de projets de construction d'une barrière frontalière ». Antonio Rosales Jr., dont la maison en bois se trouve dans la zone de construction, déplore : « Nous avons reçu une lettre du gouvernement nous informant qu'ils allaient démolir une partie de ma maison et nous avons cinq jours pour signer les papiers. »

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« L'argent qu'ils vont nous donner va être juste suffisant pour louer. Pour acheter une maison, ce n'est pas assez », ajoute cet homme de 75 ans, qui se désole que le gouvernement puisse « tout se permettre ».

Une saisie de terre massive dénoncée par les militants

Pour Edgar Villasenor, un militant local, « le problème à Laredo, dans tout le sud du Texas et pour toutes les propriétés sur la rive du Rio Grande, c'est qu'ils (le gouvernement) sont en train de procéder à une saisie de terre massive ». Selon lui, de nombreux propriétaires qu'il accompagne finissent, par peur, par ignorance ou à cause de la pression, par accepter la construction du mur, bien que la majorité de la population de Laredo s'y oppose fermement.

La police aux frontières justifie les acquisitions de terrains

La police aux frontières (CBP) affirme être « en train de contacter les propriétaires fonciers dans le cadre du processus d'acquisition des terrains nécessaires à l'accès et/ou à la construction du mur frontalier ». Un porte-parole de cette agence, bras armé de la politique migratoire de Donald Trump, a déclaré qu'il s'agissait d'« assurer le contrôle opérationnel de la frontière », conformément « à la législation en vigueur ».

Depuis son retour à la Maison-Blanche, le président américain a fait du contrôle de l'immigration et de l'expulsion des personnes sans-papiers un objectif prioritaire de son second mandat. Une politique qu'il doit détailler lors de son prochain discours sur l'état de l'Union. Selon Kristi Noem, ministre de la Sécurité intérieure, janvier 2026 a été le neuvième mois consécutif au cours duquel « aucun migrant illégal n'est entré dans le pays ».

Vers un « mur intelligent » le long de la frontière

Lors de son premier mandat, Donald Trump avait déjà construit des pans de mur à la frontière mexicaine pour dissuader les migrants d'entrer aux États-Unis. Désormais, le gouvernement veut construire un « mur intelligent » le long des plus de 3 000 kilomètres de frontière avec le Mexique. Selon les chiffres officiels, un tiers de cette frontière était déjà doté d'une barrière avant le second mandat du président.

Le projet prévoit davantage de murs physiques ou, en fonction des lieux, des barrières aquatiques, des chemins pour les patrouilles et des technologies de surveillance avancées.

Les riverains dénoncent la militarisation et l'impact environnemental

« Ceux qui disent qu'il faut un mur sont à Washington », assure Edgar Villasenor. « Les gens qui vivent le long du fleuve, eux, n'ont pas peur des migrants. » À Eagle Pass, un point de passage important pour les migrants, des bouées ont été installées, et des clôtures avec barbelés bloquent désormais l'accès au Rio Grande.

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Pour Jessie Fuentes, 65 ans, qui propose des balades en kayak sur la rivière, cette militarisation « n'aide pas ». Il s'alarme : « La priorité du gouvernement, c'est seulement la sécurité. Il se fiche du débit de l'eau, de laisser les animaux venir s'abreuver à la rivière ou que la faune et la flore prospèrent. Tout est mort derrière moi », dit-il en désignant la clôture qui bloque l'accès au fleuve.

Cette situation illustre les tensions croissantes entre les objectifs sécuritaires du gouvernement fédéral et les préoccupations des communautés locales, qui voient leurs terres, leur mode de vie et l'environnement menacés par l'expansion du mur frontalier.