La mort d'un secouriste des Casques blancs dans un centre de détention syrien a mis en évidence l'usage persistant de la torture au sein des lieux de détention, selon des témoignages recueillis auprès de proches et d'organisations de défense des droits humains. Le corps de l'homme, âgé d'une trentaine d'années, a été rendu à sa famille le 17 août, après que les autorités ont affirmé qu'il était décédé d'une crise cardiaque. Mais des traces de violences sur le corps et des témoignages de codétenus indiquent qu'il a été torturé à mort.
Un secouriste arrêté puis torturé
Le secouriste, dont l'identité n'a pas été divulguée pour des raisons de sécurité, avait été arrêté en juin dernier alors qu'il tentait de fuir le pays. Il était membre des Casques blancs, une organisation de défense civile qui a secouru des milliers de personnes dans les zones rebelles. Selon son frère, il a été transféré dans plusieurs centres de détention avant d'être conduit à la prison de Damas, où il serait décédé. « Il était en bonne santé quand il a été arrêté. Nous avons vu son corps, il était couvert d'ecchymoses et de brûlures », a-t-il déclaré.
Des témoignages accablants
Des anciens détenus de la même prison ont confirmé que la torture était systématique. L'un d'eux, qui a passé trois ans dans les geôles syriennes, a raconté que les détenus étaient régulièrement suspendus par les poignets, frappés avec des câbles électriques et soumis à des simulacres d'exécution. « Ils voulaient des aveux, peu importe la vérité. Beaucoup de détenus sont morts sous la torture », a-t-il affirmé. Les organisations de défense des droits humains, comme Amnesty International, ont documenté des cas similaires à travers le pays, mais les autorités syriennes nient toute pratique de la torture.
Une pratique qui perdure malgré les condamnations
La mort de ce secouriste intervient alors que la communauté internationale a condamné à plusieurs reprises les violations des droits humains en Syrie. Un rapport de l'ONU publié en 2023 avait déjà dénoncé l'usage généralisé de la torture dans les centres de détention syriens. Malgré ces condamnations, les témoignages indiquent que les pratiques n'ont pas cessé. « C'est un système qui fonctionne sur la terreur. Personne n'est à l'abri, pas même ceux qui aident les civils », a déclaré un responsable de l'Observatoire syrien des droits de l'homme.
Une enquête réclamée
La famille du secouriste a demandé une enquête indépendante sur sa mort, mais les autorités syriennes ont refusé, affirmant que l'affaire était close. Les Casques blancs ont également exigé que la communauté internationale fasse pression sur le régime pour que les responsables soient traduits en justice. « Nous ne laisserons pas passer cela. Nous voulons que son sacrifice serve à exposer la vérité », a déclaré un porte-parole de l'organisation. Selon des statistiques, plus de 100 000 personnes sont mortes en détention en Syrie depuis le début du conflit en 2011, dont de nombreux cas de torture.



