Turquie : six militants européens arrêtés à Istanbul lors d'une enquête sur les prisons
Six militants européens arrêtés en Turquie pour enquête carcérale

Six militants européens arrêtés à Istanbul lors d'une mission d'enquête sur les prisons turques

Six militants européens qui affirmaient être venus en Turquie pour enquêter sur les conditions de détention des prisonniers politiques ont été arrêtés à Istanbul, a annoncé vendredi 20 février leur avocat à l'Agence France-Presse. Cette information a été confirmée par leur collectif, soulevant des inquiétudes quant aux pratiques carcérales dans le pays.

Une délégation internationale interpellée après une rencontre avec des avocats

Les militants ont été interpellés jeudi 19 février, immédiatement après une rencontre avec le Bureau des droits du peuple, un cabinet d'avocats basé à Istanbul. Naim Eminoglu, président de la section d'Istanbul de l'Association des juristes progressistes, qui assure leur défense, a précisé que la délégation internationale était composée d'avocats, de journalistes et de militants des droits humains, arrivés en Turquie le 18 février.

Les six personnes arrêtées sont originaires d'Italie, de France, d'Espagne, de Belgique et de Russie, selon l'Association des juristes progressistes. Les autorités turques reprochent au Bureau des droits du peuple d'être lié au Parti-Front de libération du peuple révolutionnaire, une organisation considérée comme terroriste par Ankara.

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Enquête sur le système carcéral « en puits » et l'isolement des détenus

Selon le Bureau du droit des peuples, ces militants étaient en mission d'observation pour enquêter sur le système carcéral dit « en puits » et les conditions de détention à l'isolement de certains prisonniers politiques. Une source française membre de leur collectif a confirmé ces informations à l'AFP.

La Turquie est régulièrement accusée de placer des détenus dans des prisons « en puits », où les cellules sont privées de lumière naturelle. Cette pratique est vivement dénoncée par les organisations de défense des droits humains, qui mettent en avant ses effets néfastes sur la santé mentale et physique des prisonniers.

Le Parti communiste des peuples d'Espagne, dont l'un des membres arrêtés fait partie, a dénoncé sur les réseaux sociaux ces établissements où « les détenus sont totalement privés de la lumière du soleil et d'interactions sociales et sont soumis à un isolement sévère ».

Procédure d'expulsion et confiscation des passeports

Naim Eminoglu a rapporté que la police a immédiatement informé les militants qu'ils « étaient arrêtés pour être expulsés ». Leurs passeports ont été confisqués et ils ont été transférés à la direction des migrations. Aucune rencontre avec leurs avocats n'a été autorisée.

L'Association des juristes progressistes a appris que les militants étaient ensuite emmenés à l'aéroport d'Istanbul pour être expulsés du pays. Cette arrestation intervient dans un contexte de tensions politiques en Turquie, où les questions relatives aux droits humains et aux conditions carcérales font l'objet de vives critiques internationales.

Cet incident souligne les défis persistants liés à la liberté d'enquête et à la transparence dans le système judiciaire turc, alors que des organisations continuent de documenter les allégations de mauvais traitements en détention.

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