Retour sans lendemain de Ruben Torres : mort au Honduras
Ruben Torres : retour sans lendemain au Honduras

Le 14 mai 2025, la triste nouvelle est tombée : Ruben Torres, un Hondurien expulsé de France dans le cadre d'une Obligation de Quitter le Territoire Français (OQTF), est décédé quelques jours seulement après son retour forcé au Honduras. Sa famille, effondrée, dénonce un abandon pur et simple par les autorités françaises.

Une déflagration pour la famille

« Quand il a appris pour son OQTF, ça a été une déflagration », témoigne sa sœur, Maria Torres, jointe par téléphone depuis San Pedro Sula. Ruben, âgé de 34 ans, vivait en France depuis près de dix ans. Il travaillait dans le bâtiment et avait construit sa vie à Lyon. Mais en mars 2025, il a reçu une notification de la préfecture : sa demande d'asile était définitivement rejetée, et il devait quitter le territoire sous trente jours.

Malgré les recours engagés par son avocat, la procédure a été accélérée. Le 2 mai, Ruben a été embarqué dans un vol à destination de Tegucigalpa, la capitale hondurienne. « Il était terrifié, raconte Maria. Il savait que son pays était dangereux, que les gangs le menaçaient. Il nous avait dit que s'il revenait, il serait tué. »

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Un retour sous tension

Dès son arrivée au Honduras, Ruben a été accueilli par des membres de sa famille, mais il a rapidement ressenti une pression insoutenable. Selon des proches, des hommes armés auraient rôdé autour de la maison familiale. Le 10 mai, Ruben a été retrouvé sans vie dans une rue de San Pedro Sula, une des villes les plus violentes du pays. Les causes exactes de sa mort n'ont pas encore été établies, mais une enquête pour homicide a été ouverte.

Cette affaire relance le débat sur les expulsions vers des pays en proie à l'insécurité. Pour Me Lefèvre, avocat de la famille Torres, « l'État français a une responsabilité. Il ne peut pas renvoyer quelqu'un dans un pays où sa vie est en danger, sans aucun suivi. C'est une faute grave. »

Un système contesté

Les OQTF sont au cœur de nombreuses controverses. En 2024, plus de 120 000 obligations de quitter le territoire ont été délivrées en France, mais seulement 10 % d'entre elles ont été exécutées. Pour les associations de défense des migrants, le cas de Ruben Torres illustre l'échec d'un système qui privilégie l'éloignement au détriment de la sécurité des personnes.

« On ne peut pas traiter des êtres humains comme des colis qu'on expédie sans se soucier de ce qui leur arrive ensuite », dénonce Claire Dubois, porte-parole de la Cimade. « Chaque expulsion doit être évaluée au cas par cas, en tenant compte des risques réels. »

La famille de Ruben Torres réclame aujourd'hui une enquête indépendante et la suspension des expulsions vers le Honduras, pays classé parmi les plus dangereux au monde. « Nous voulons que justice soit faite, conclut Maria Torres. Et que personne d'autre ne vive ce cauchemar. »

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