Royaume-Uni : vague d'attaques antisémites liées à l'Iran
Royaume-Uni : vague d'attaques antisémites liées à l'Iran

Une série d'attaques antisémites frappe le Royaume-Uni

Depuis quelques semaines, les attaques contre la communauté juive se multiplient au Royaume-Uni. Plusieurs arrestations ont eu lieu et les enquêteurs se penchent sur un mouvement proche du régime iranien. La dernière attaque a eu lieu dimanche 19 avril en fin de journée, à Watford, dans le nord-ouest de Londres, avec l’incendie d’un magasin appartenant à un commerçant juif. La police a été alertée par le voisinage qui avait constaté un départ de feu dans la boutique et la présence de graffitis antisémites. Les forces de l’ordre du Hertfordshire, toujours à la recherche des coupables, considèrent qu’il s’agit d’un incident isolé et sans lien avec les autres incendies criminels visant la communauté juive à Londres.

Des attaques en série depuis quelques jours

Car depuis plusieurs semaines, plusieurs attaques antisémites ont touché la capitale britannique. Le 19 avril, le même jour que l’incendie à Watford, une synagogue de Harrow, également dans le nord-ouest de Londres, a été visée par un feu criminel. Un projectile a été jeté à travers la fenêtre du lieu de culte peu après minuit. L’incendie n’a fait aucune victime mais a causé quelques dégâts.

Il s’agissait alors déjà de la troisième attaque contre un bâtiment ou un lieu de culte juif en une semaine. Il y a d’abord eu celle à Finchley, quartier du nord de Londres, durant laquelle quatre ambulances desservant la communauté juive de Golders Green, l’une des plus importantes de la capitale, ont été incendiées le 23 mars dernier. Puis, il y a eu celle de Hendon, également dans le nord de Londres, durant laquelle un local qui abritait l’association « Jewish Futures » a été ciblé vendredi 17 avril. La police a indiqué qu’un homme avait été aperçu s’approchant du bâtiment avec un sac en plastique contenant trois bouteilles de liquide, avant de prendre la fuite lorsque ces mêmes bouteilles n’ont pas complètement pris feu.

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Enfin, l’ambassade d’Israël, située près de Kensington Gardens à quelques pas de l’ancienne résidence du prince et de la princesse de Galles, dans l’ouest de Londres, a également été visée. Une vidéo diffusée sur les réseaux sociaux, affirmant que le bâtiment allait être ciblé par des drones transportant des substances dangereuses, a été postée vendredi 17 avril. Un important dispositif policier avait alors été déployé pour vérifier les déclarations faites dans la vidéo, qui se sont révélées fausses.

Arrestations et revendications

Depuis que ces attaques se sont multipliées, la police a annoncé l’arrestation de 23 personnes, dont sept ont déjà été inculpées, y compris un mineur de 17 ans qui a plaidé coupable pour l’incendie de la synagogue de Harrow. Vicki Evans, coordinatrice principale de la police antiterroriste, a souligné, dans une déclaration officielle, que « la plupart [des attaques] ont été revendiquées en ligne par le groupe Harakat Ashab al-Yamin al-Islamia (HAYI) », lié au régime iranien. Les enquêteurs pensent que les individus qui ont été recrutés étaient motivés non pas par une haine antijuive mais par la rémunération offerte.

« Une épidémie de haine antijuive »

L’inquiétude reste grande dans la communauté juive de Londres. Le grand rabbin Ephraïm Mirvis s’est désolé de constater qu’« une campagne soutenue de violence et d’intimidation contre la communauté juive du Royaume-Uni [prend] de l’ampleur ». Le rabbin Naftali Schiff, directeur général de Jewish Futures, association touchée par une des attaques, a appelé à une mobilisation populaire sur la question de l’antisémitisme. « Lorsqu’une communauté est prise pour cible de cette manière, c’est toute la Grande-Bretagne qui est touchée, au cœur même de ses valeurs : la tolérance, la liberté d’expression et le droit de vivre ouvertement, sans crainte. J’exhorte mes concitoyens et le gouvernement : ne restez pas les bras croisés et ne laissez pas ces actes s’envenimer dans notre pays. »

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De son côté, le Premier ministre Keir Starmer a déclaré que « s’attaquer à notre communauté juive, c’est s’attaquer à la Grande-Bretagne ». Une déclaration loin d’être suffisante pour Paul Taylor, président de la United Synagogue, organisation caritative nationale britannique qui soutient les communautés juives et fournit des infrastructures. Selon lui, « le Premier ministre devrait déclarer publiquement ce que la communauté juive sait depuis un certain temps : il s’agit d’une épidémie de haine antijuive ».

Le Community Security Trust (CST), association caritative, a recensé 3 700 incidents antisémites au Royaume-Uni en 2025, « soit le deuxième total le plus élevé jamais enregistré sur une seule année civile ». Cela représenterait une augmentation de 4 % par rapport à 2024, mais une baisse de 14 % par rapport à 2023. « L’augmentation par rapport au total enregistré en 2024 montre que le niveau des incidents antisémites demeure nettement supérieur à ce qu’il était avant l’attentat terroriste perpétré par le Hamas contre Israël le 7 octobre 2023 », explique l’association.

En 2025, le CST a enregistré en moyenne 308 incidents antisémites par mois, soit le double de la moyenne mensuelle de 154 incidents signalés au cours de l’année précédant le 7 octobre. L’incident antisémite le plus grave enregistré l’an dernier aura été l’attentat meurtrier perpétré début octobre à la synagogue de Heaton Park, près de Manchester, le jour de Yom Kippour, avec comme bilan deux morts et trois blessés graves.