Protection des adolescents sur les réseaux sociaux : l'importance du dialogue familial
Pour Samuel Comblez, psychologue et vice-président de l’association E-Enfance, la protection des adolescents sur les réseaux sociaux passe aussi par la confiance et le dialogue au sein de la famille. Dans un entretien, il livre ses conseils aux parents.
Que conseillez-vous à un parent qui se sent dépassé face à son adolescent sur les réseaux sociaux ?
La première des choses à faire, c’est de dédramatiser. Les parents se font une image de ce que font les jeunes sur les écrans, parce qu’ils en entendent parler dans les médias, parce que leurs collègues de travail vont raconter de terribles histoires. Alors que se poser à côté de son enfant, regarder ensemble ce qu’il fait pour jouer, échanger, se protéger tout simplement… Cela permet déjà de réagir en tant qu’adulte et de l’accompagner dans ses usages.
Quels signes doivent alerter, en tant que parent, sur un potentiel problème (cyberharcèlement, addiction, contenus inappropriés…) ?
Il n’y a pas de signe caractéristique qui permet de savoir si son enfant est victime de violences numériques. Le premier réflexe à avoir, c’est d’en parler avant que cela n’arrive, et faire du numérique un sujet comme les autres, dont on discute en famille, comme l’école ou l’entraînement de foot.
Ensuite, il faut repérer les petits changements de comportement, même minimes : une porte qui claque, un enfant qui perd le sommeil ou l’appétit. Tout cela, il faut l’interroger. On peut aussi mettre les pieds dans le plat : « Est-ce que sur ton réseau social tout va bien ? Est-ce que tu as envie de m’en parler ? » Les ados n’osent souvent pas parler, parce qu’ils se sentent coupables de ce qui leur arrive et surtout parce qu’ils ont envie de protéger leur famille de ces problématiques.
Peut-on demander à un adolescent ou à sa famille de faire face seuls aux puissants algorithmes des plateformes ?
On parle beaucoup des algorithmes, on sait qu’ils sont très puissants et assez opaques. Bien sûr, les plateformes doivent proposer, notamment aux plus jeunes, des algorithmes dont on comprend le fonctionnement et sur lesquels on peut avoir une maîtrise. Mais les parents doivent aussi jouer leur rôle et rappeler aux jeunes que les contenus qu’ils consomment ne sont pas aléatoires, qu’il y a une intention derrière et parfois, un intérêt financier.



