« Je pouvais voir mes os » : trois prisonniers politiques bélarusses témoignent des cachots de Loukachenko
Prisonniers politiques bélarusses témoignent des cachots de Loukachenko

Des témoignages glaçants sur les conditions de détention au Bélarus

Trois prisonniers politiques bélarusses, libérés récemment après des mois de détention, ont accepté de raconter leur calvaire dans les cachots du régime d'Alexandre Loukachenko. Leurs récits, recueillis par des organisations de défense des droits humains, dépeignent un système carcéral où la torture psychologique et physique est monnaie courante.

Des privations alimentaires extrêmes

L'un des détenus, dont l'identité est protégée pour des raisons de sécurité, a décrit des conditions de sous-alimentation si sévères qu'elles ont entraîné une perte de poids dramatique. « Je pouvais parfois voir les os sous ma peau », a-t-il confié, évoquant les repas rares et de mauvaise qualité qui lui étaient servis. Cette privation systématique semble être une méthode utilisée pour briser la résistance des prisonniers politiques.

L'isolement et les violences psychologiques

Un autre témoin a raconté les longues périodes d'isolement dans des cellules exiguës, sans contact avec l'extérieur. Les gardiens employaient des tactiques d'intimidation et des humiliations régulières, visant à déstabiliser mentalement les détenus. Les conditions sanitaires étaient déplorables, avec un accès limité à l'eau et aux soins médicaux, aggravant les souffrances physiques.

Un système répressif ciblant l'opposition

Ces récits s'inscrivent dans un contexte de répression accrue au Bélarus depuis les manifestations de 2020 contre la réélection contestée de Loukachenko. Les autorités bélarusses ont intensifié leur campagne contre les dissidents, utilisant l'appareil judiciaire et carcéral pour museler toute forme d'opposition. Les organisations internationales, dont l'ONU et Amnesty International, ont multiplié les alertes sur la situation des droits humains dans le pays.

Les trois prisonniers politiques soulignent que leur expérience n'est pas isolée. Des centaines d'autres détenus subiraient des traitements similaires, dans l'indifférence quasi totale des autorités bélarusses. Leurs témoignages visent à alerter la communauté internationale sur l'urgence d'agir pour protéger les prisonniers politiques et faire pression sur le régime de Minsk.