Pink Parade à Nice : des milliers de personnes défilent pour les droits LGBTQIA+
Pink Parade à Nice : milliers de personnes pour les droits LGBTQIA+

Des milliers de personnes ont défilé ce samedi 11 juillet 2026 dans les rues de Nice pour la Pink Parade, une marche pour l'égalité des droits LGBTQIA+ qui a pris des airs de fête mémorielle sur la promenade des Anglais. Vingt-quatre ans après la première édition en 2002, le cortège a rassemblé sept chars, dont quatre mastodontes, du quai Papacino au port jusqu'au Negresco.

Une ambiance festive mais militante

Des bulles, de la fumée, des gicleurs d'eau et un drapeau arc-en-ciel de 120 mètres de long déroulé face à la baie des Anges ont rythmé la parade. Sullivan, participant habillé en « héros en or », a résumé l'esprit du jour : « Liberté, égalité, fraternité. Vivons comme on est. » Nicolas Bertrand, membre du Bal des licornes, a poussé un char en déclarant : « L'objectif c'est toujours de faire la fête et d'animer la marche. » Véronique Marchandy, présidente de l'association Caram'elles, a ajouté : « On va danser au rythme de la techno et de la bounce music. »

Une hausse des infractions anti-LGBTQIA+

Derrière les paillettes, l'urgence est palpable face à la montée des discours réactionnaires et à la banalisation des violences. Selon les données du Service statistique ministériel de la sécurité intérieure, 4 900 infractions à caractère anti-LGBTQIA+ ont été enregistrées en France en 2025, soit une hausse de 2 % sur un an. L'enquête Vécu et ressenti en matière de sécurité souligne que seules 3 % des victimes portent plainte.

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Erwann Le Hô, coordinateur du centre LGBTQIA+ Côte d'Azur, a dénoncé ce climat délétère : « Le phénomène des guets-apens homophobes continue de s'étendre avec presque deux guets-apens par semaine en France. » Il a rappelé que la Pride est « avant tout marcher pour celles et ceux qui ne peuvent pas ». H Divinité, participant vêtu d'un ensemble rouge et noir surmonté d'ailes de démon, a témoigné : « Ce n'est pas parce qu'on est en 2026 que tous nos droits sont acquis. Je me suis déjà fait insulter dans la rue plein de fois. »

Un manque d'information dans les territoires

L'inclusivité territoriale est au cœur des préoccupations. Mister Hide, drag-king et président de l'association LGBTQIA+ à Grasse, vêtu d'une tenue punk avec une crête rose, a expliqué : « Je suis là pour représenter l'arrière-pays, car tout le monde n'a pas la possibilité de se déplacer jusqu'à Nice. Certains ne savent même pas que ça existe et donc ils font une crise d'identité. »

Un hommage sur la promenade des Anglais

Cette année, le passage sur la promenade des Anglais a pris une dimension symbolique, dix ans après l'attentat de 2016. Pascal, président de l'association organisatrice Aglaé, a souligné : « C'est important de passer par la Prom' parce que c'est une façon de se réapproprier un espace qui a été meurtri par le passé. En faisant la fête et en militant, on rend hommage à toutes ces personnes qui ont perdu la vie ici. »

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