L'ONU dénonce une stratégie de changement démographique permanent en Palestine
Le haut-commissaire des Nations unies aux droits de l'homme, Volker Türk, a prononcé des déclarations particulièrement sévères lors de la 61e session du Conseil des droits de l'homme à Genève. Dans son discours du 26 février 2026, il a accusé Israël de mener des actions visant à imposer un changement démographique permanent dans les territoires palestiniens occupés de Cisjordanie et de la bande de Gaza.
Des inquiétudes de nettoyage ethnique
« Prises dans leur ensemble, les actions d'Israël semblent chercher à opérer un changement démographique permanent à Gaza et en Cisjordanie, suscitant des inquiétudes quant à un nettoyage ethnique », a déclaré avec gravité M. Türk devant l'assemblée internationale. Le haut-commissaire a souligné que cette analyse s'appuie sur l'ensemble des mesures et opérations militaires menées par Israël dans ces territoires.
Volker Türk a fourni des chiffres précis pour étayer ses accusations :
- 32 000 Palestiniens déplacés depuis janvier 2025 dans le nord de la Cisjordanie
- 1 020 Palestiniens tués par les forces de sécurité israéliennes en Cisjordanie depuis octobre 2023
- 45 Israéliens, dont des soldats, tués lors d'attaques palestiniennes pendant la même période
Une annexion progressive de facto
Le gouvernement israélien a annoncé depuis début février 2026 une série de mesures visant à renforcer son contrôle sur la Cisjordanie, territoire occupé depuis 1967. Ces dispositions facilitent notamment l'achat de terres par des citoyens israéliens, ce qui a provoqué de nombreuses condamnations internationales. Une haute responsable de l'ONU a qualifié cette politique d'« annexion progressive de facto », une analyse partagée par plusieurs observateurs internationaux.
M. Türk a également dénoncé « l'usage non nécessaire et disproportionné de la force » par les forces de sécurité israéliennes en Cisjordanie. Les violences ont considérablement augmenté dans ce territoire depuis le début de la guerre à Gaza, déclenchée par l'attaque du Hamas contre Israël le 7 octobre 2023.
La situation humanitaire catastrophique à Gaza
Le haut-commissaire a dressé un tableau alarmant de la situation dans la bande de Gaza. Depuis le début du cessez-le-feu le 10 octobre 2025, plus de 600 Palestiniens ont été tués et plus de 1 600 blessés lors d'attaques israéliennes, selon les chiffres du ministère de la santé palestinien. « N'importe où ailleurs, cela serait considéré comme une crise majeure », a-t-il souligné avec insistance.
La quasi-totalité des plus de 2 millions d'habitants de Gaza ont été déplacés au moins une fois depuis le début du conflit, qui a réduit en ruines une grande partie du territoire. Le haut-commissariat aux droits de l'homme avait déjà exprimé ses préoccupations dans un rapport la semaine précédente, évoquant :
- L'intensification des attaques
- La destruction méthodique de quartiers entiers
- Le refus d'apporter une aide humanitaire
- Les transferts forcés établissant un déplacement permanent
Ces éléments combinés « suscitent des inquiétudes quant à un nettoyage ethnique à Gaza et en Cisjordanie », selon le rapport officiel de l'ONU. La communauté internationale reste profondément divisée sur la réponse à apporter à cette crise humanitaire et politique qui dure depuis des décennies.



