Une équipe humanitaire prise à partie par des militants d'extrême droite
L'organisation humanitaire Médecins sans frontières (MSF) a annoncé jeudi avoir déposé plainte pour diffamation contre un groupe britannique d'extrême droite. Cette action judiciaire fait suite à l'agression verbale subie par une de ses équipes médicales sur le littoral du Nord, au mois de décembre dernier.
Les faits survenus à Grand-Fort-Philippe
Le 5 décembre, près de Grand-Fort-Philippe dans le département du Nord, une équipe de MSF revenant d'une maraude médicale auprès de personnes rescapées de tentatives de traversée de la Manche a été violemment interpellée. Trois activistes d'extrême droite se réclamant du mouvement britannique Raise The Colours se sont approchés de manière menaçante des humanitaires.
Ces individus ont proféré des insultes ainsi que des propos diffamatoires et mensongers à l'encontre de l'organisation médicale. L'incident, particulièrement grave, a été intégralement filmé par les activistes eux-mêmes puis diffusé sur leurs réseaux sociaux.
Une plainte déposée et des conséquences inquiétantes
MSF a déposé plainte mercredi auprès du tribunal judiciaire de Paris. L'association souligne que la diffusion des images de l'agression a suscité une vague de messages de haine et de menaces visant à la fois les personnes exilées et les acteurs humanitaires. Plusieurs membres de MSF doivent également déposer plainte dans les prochains jours pour des faits de violences psychologiques subies lors de cet événement.
Le mouvement Raise The Colours dans le collimateur des autorités
Les activistes d'extrême droite du mouvement Raise The Colours ne sont pas inconnus des autorités françaises. Le 23 janvier, les préfectures du Nord et du Pas-de-Calais ont interdit un rassemblement organisé par ses militants. Les autorités ont estimé que leurs agissements, largement diffusés sur les réseaux sociaux, s'inscrivaient dans une idéologie xénophobe et anti-immigration et présentaient un risque manifeste de troubles à l'ordre public.
Dix jours plus tôt, le ministère de l'Intérieur avait également interdit le territoire français à dix militants britanniques de ce même mouvement, démontrant une vigilance accrue face à leurs actions.
MSF dénonce un climat d'impunité préoccupant
Camille Niel, cheffe de la mission de Médecins Sans Frontières en France, a dénoncé jeudi un climat d'impunité inquiétant. Elle explique : "La répétition de ces actes prend racine dans un climat d'impunité alimenté par des discours et des politiques migratoires qui favorisent la stigmatisation, le rejet et la haine, au détriment de la santé physique et psychologique des personnes exilées."
L'association humanitaire appelle les autorités françaises à prendre toutes les mesures nécessaires pour prévenir de nouveaux actes d'intimidation et garantir la sécurité des travailleurs humanitaires ainsi que des populations vulnérables qu'ils accompagnent.



