Une Marocaine expulsée des États-Unis vers le Cameroun malgré une ordonnance de protection
Une jeune Marocaine de 21 ans, ayant fui son pays d'origine en raison de violences familiales et de la criminalisation de l'homosexualité, a été incarcérée puis expulsée des États-Unis vers le Cameroun, un autre pays où l'homosexualité est illégale. Pourtant, elle avait obtenu une ordonnance de protection d'un juge américain de l'immigration, selon un rapport d'Associated Press publié ce dimanche.
Un an d'incarcération dans des conditions difficiles
À l'origine, la jeune femme avait quitté le Maroc car elle était battue par ses proches et ceux de sa compagne. Après avoir été chassée du domicile familial et menacée de mort, elle a suivi les conseils d'un ami et est partie avec sa compagne vers le Brésil. Elle a ensuite traversé six pays pendant plusieurs semaines pour rejoindre les États-Unis, où elle a demandé l'asile.
Mais elle a rapidement été incarcérée. Elle a été détenue durant près d'un an, d'abord en Arizona, puis en Louisiane. « Il faisait très froid. Et on n'avait que de fines couvertures », a-t-elle décrit, ajoutant que les soins médicaux étaient insuffisants. Sa demande d'asile a été rejetée, tout comme celle de sa compagne. Toutefois, contrairement à sa conjointe, elle a obtenu une ordonnance de protection d'un juge de l'immigration, qui stipulait qu'elle ne pouvait pas être expulsée vers le Maroc car elle y risquait sa vie.
Une faille juridique exploitée par l'administration américaine
Finalement, à trois jours de son audience de libération, la Marocaine de 21 ans a été menottée par les services de l'immigration et des douanes (ICE) et embarquée dans un avion vers le Cameroun. Un pays qu'elle n'avait jamais visité et où elle est également en danger. Elle y a été placée en détention. On lui a alors laissé le choix de rester dans le pays ou d'être renvoyée vers le Maroc. Elle a accepté le transfert mais la jeune femme vit désormais cachée. « Il est difficile de vivre et de travailler dans la crainte constante d'être retrouvée par ma famille », a-t-elle témoigné.
Comme elle, des dizaines de personnes ont été expulsées des États-Unis bien qu'elles soient protégées par une ordonnance. À chaque fois, l'administration a contourné ce système en les expulsant vers un pays tiers. Le centre de détention de Yaoundé accueille actuellement quinze migrants en situation irrégulière expulsés des États-Unis. Aucun d'entre eux n'est Camerounais, ce qui souligne l'ampleur de cette pratique controversée.



