Maroc : l'appel urgent pour Betty Lachgar, militante risquant l'amputation en prison
La situation de la militante féministe marocaine Ibtissame "Betty" Lachgar, incarcérée depuis août 2025, devient de plus en plus critique. Son avocate, Ghizlane Mamouni, lance un appel pressant au roi du Maroc pour obtenir une grâce royale, avertissant que son état de santé se détériore rapidement derrière les barreaux.
Une incarcération controversée pour blasphème
Betty Lachgar, figure emblématique du militantisme pour les droits humains au Maroc, a été arrêtée le 10 août 2025. Elle a été condamnée en appel en octobre de la même année à trente mois de prison pour un délit de blasphème. La condamnation fait suite à la publication sur le réseau social X d'une photo où elle porte un tee-shirt avec l'inscription "Allah is lesbian".
Son arrestation a eu lieu deux jours avant sa comparution au tribunal de première instance de Rabat, sous la surveillance des forces de sécurité marocaines. À 50 ans, cette féministe connue pour ses positions laïques révolutionnaires et son sourire insolent se retrouve aujourd'hui dans une situation dramatique.
Un état de santé alarmant
Selon son avocate Ghizlane Mamouni, Betty Lachgar risque l'amputation si elle reste emprisonnée. La militante, qui souffre d'une maladie non précisée, nécessite des soins médicaux urgents qu'elle ne peut recevoir en détention.
"Il semble impossible d'imaginer Betty Lachgar diminuée, incapable de réaliser seule les gestes du quotidien les plus simples", déclare son avocate, soulignant la détérioration rapide de son état. La militante, qui a témoigné à plusieurs reprises dans les colonnes du Nouvel Obs, dépérit visiblement dans les geôles marocaines.
La demande de grâce royale
L'appel à l'aide vise directement le roi du Maroc, seul habilité à accorder une grâce royale qui permettrait à Betty Lachgar de sortir de prison pour se soigner. Cette demande intervient alors que la militante devait subir une importante opération chirurgicale peu après son incarcération.
La situation met en lumière les tensions entre les autorités marocaines et les militants des droits humains, particulièrement sur les questions de liberté d'expression et de blasphème. Le cas de Betty Lachgar symbolise les défis auxquels font face les féministes et les laïques dans le royaume.
L'avenir de la militante dépend maintenant de la réponse des autorités marocaines à cet appel urgent, tandis que la communauté internationale observe avec inquiétude l'évolution de cette affaire sensible.



