Emmanuel Levinas : le racisme est constamment à surmonter
Dans nos archives, un entretien avec Emmanuel Levinas datant de 1992, publié dans le Nouvel Observateur, offre une réflexion profonde sur le racisme. Le philosophe, décédé en 1995, y livre une synthèse de sa pensée où l'éthique du « visage » devient le rempart ultime contre la déshumanisation raciste. Propos recueillis par Catherine David.
Pour Levinas, le visage nu de l'autre homme, ce visage sans défense, unique et irremplaçable, contient un appel auquel il faut répondre. Interrogé sur la manière dont son œuvre peut fournir des armes contre le racisme, il répond : « Le racisme est la suppression du discours entre les êtres humains. C'est ce discours qu'il faut rétablir. Il faut pour cela posséder et dispenser une grande culture. La culture humaine est la conscience... »
Cet entretien, réalisé trois ans avant sa mort, montre que pour Levinas, le racisme est une menace permanente. « Le racisme est constamment à surmonter. Ce n'est jamais fini », affirme-t-il. La lutte contre le racisme exige un effort continu, une vigilance éthique ancrée dans la rencontre avec autrui.
Le philosophe insiste sur l'importance du dialogue et de la responsabilité envers l'autre. Le visage d'autrui, dans sa vulnérabilité, impose une obligation morale. Cette éthique, selon Levinas, est fondamentale pour contrer toute forme de discrimination et de haine.
L'article original, réservé aux abonnés, rappelle que la pensée de Levinas reste d'une actualité brûlante. La culture, comme outil de conscientisation, permet de restaurer le lien social rompu par le racisme. En ces temps de tensions, les idées de Levinas offrent une boussole pour naviguer dans la complexité des relations humaines.



