Kaoutar Harchi, sociologue de la domination, affirme que « l’espoir est notre seul devoir politique ». Dans un entretien, elle explore les mécanismes de l’héritage colonial et les hiérarchies imposées aux êtres vivants.
Un parcours entre sciences sociales et littérature
Née en 1987 à Strasbourg, Kaoutar Harchi grandit dans un quartier périphérique. Ses parents marocains, stratèges de sa scolarité, l’inscrivent dans un collège catholique du côté privilégié de la ville. Elle raconte ces violences dans son récit autobiographique « Comme nous existons » (Actes Sud, 2021).
Sa thèse sur les écrivains algériens de langue française en contexte postcolonial, notamment Assia Djebar et Kateb Yacine, aboutit à l’essai « Je n’ai qu’une langue, ce n’est pas la mienne » (Fayard, 2016). Avant cela, elle publie trois romans et des nouvelles, dont « Zone cinglée » (Sarbacane, 2009).
Une approche intersectionnelle de la domination
Harchi utilise les outils des sciences sociales pour dénoncer toutes les formes de hiérarchies. Elle refuse de se satisfaire du monde tel qu’il est et entend dynamiter les pièges tendus aux auteurs issus de l’immigration, souvent réduits à leurs origines.
Son travail combine analyse académique et engagement personnel. Elle enseigne les sciences sociales et poursuit ses recherches sur les mécanismes de domination.
L’espoir comme moteur politique
Pour Kaoutar Harchi, l’espoir n’est pas une naïveté mais un devoir politique. Elle appelle à ne pas céder au désespoir face aux dérives conservatrices. Son approche intersectionnelle relie genre, classe, race et colonialisme.
Elle critique les discours écologistes aveugles aux problématiques sociales et plaide pour une lutte inclusive. Son dernier essai, « Comme nous existons », a été salué pour sa puissance narrative et son analyse fine des inégalités.
Un engagement pour les générations futures
Harchi souhaite créer un dialogue entre les générations. Elle estime que la transmission est essentielle pour combattre les injustices. Son travail inspire une nouvelle génération de chercheurs et d’activistes.
Dans le cadre de la série « Les 50 qui vont faire demain », elle incarne une voix lucide et déterminée, refusant la fatalité. Son message : l’espoir est une arme politique.



