La jeunesse arabe : un pouvoir activiste renouvelé
La chercheuse Yasmina Asrarguis, qui participera à une table ronde à l'Institut du Monde arabe en partenariat avec le Nouvel Obs, examine en profondeur le rôle central des jeunes générations dans les mouvements de contestation au Maghreb et au Moyen-Orient. Ses propos, recueillis par Nathalie Funès, révèlent une dynamique persistante depuis plus d'une décennie.
Une mobilisation ancrée dans l'histoire récente
Dans les pays arabes, la jeunesse, souvent désignée comme la Génération Z, s'est fréquemment mobilisée à la suite d'événements tragiques. Depuis 2011 en Tunisie, où l'immolation par le feu d'un marchand ambulant a précipité la chute du dictateur Ben Ali et déclenché les « printemps arabes » en Égypte, en Libye et en Syrie, jusqu'aux récentes manifestations au Maroc après la mort de huit femmes enceintes dans un hôpital à Agadir, cette génération reste au cœur des luttes sociales.
Yasmina Asrarguis, intervenante lors de la table ronde « Jeunesses et contestations dans le monde arabe » organisée dans le cadre des Journées de l'Histoire de l'IMA jusqu'au 29 mars, détaille les raisons de cette implication continue.
Le rôle moteur de la jeunesse : une explication approfondie
Comment expliquez-vous le rôle moteur de la jeunesse dans les révoltes de la région ? interroge la journaliste. Yasmina Asrarguis répond avec clarté : « La jeunesse a pris conscience de son pouvoir activiste avec les 'printemps arabes' en 2011, et, surtout, avec l'entrée du monde dans l'ère des réseaux sociaux, notamment Facebook à l'époque. »
Elle souligne que cette prise de conscience n'est pas un phénomène isolé, mais s'inscrit dans une évolution globale où les outils numériques ont transformé les modes de mobilisation. Les jeunes générations, connectées et informées, utilisent ces plateformes pour organiser des actions collectives, diffuser des informations et amplifier leurs voix au-delà des frontières traditionnelles.
La chercheuse met en avant que cette dynamique activiste se nourrit également des contextes socio-économiques difficiles, tels que les crises dans les secteurs de la santé et de l'éducation, illustrées par des événements comme la manifestation à Casablanca le 6 octobre 2025 pour réclamer des réformes urgentes. Ces mobilisations témoignent d'une jeunesse déterminée à exiger des changements concrets et durables.



