Israël vote la peine de mort pour les terroristes, une loi discriminatoire dénoncée
Israël vote la peine de mort pour les terroristes, loi discriminatoire

Une loi controversée adoptée par le Parlement israélien

L'extrême droite israélienne a célébré avec enthousiasme l'adoption, lundi, d'une loi instaurant la peine de mort pour les terroristes par le Parlement. Cette législation, taillée sur mesure pour ne s'appliquer qu'aux Palestiniens, est manifestement incompatible avec les obligations d'Israël en droit international, notamment concernant le droit à la vie, a estimé Volker Türk, chef des droits de l'homme de l'ONU.

Des réactions internationales immédiates

Le Conseil de l'Europe, gardien des droits de l'Homme et de la démocratie sur le continent, a averti qu'Israël pourrait être exclu de ses rangs en raison de cette nouvelle législation. Avant même son adoption, plusieurs capitales européennes, dont Berlin, Londres, Paris et Rome, avaient exhorté les députés israéliens à renoncer à ce projet, susceptible de remettre en cause les engagements démocratiques d'Israël.

Un système pénal à deux vitesses

Miriam Azem, coordinatrice du plaidoyer international du centre juridique Adalah, dénonce la création officielle d'un système pénal à deux vitesses où la peine capitale serait de fait réservée à un seul groupe national. En établissant une hiérarchie racialisée du droit à la vie, cette loi viole l'interdiction absolue de la discrimination en vertu du droit international, affirme-t-elle. L'ONU estime même que son application pourrait constituer un crime de guerre.

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Contexte historique et symbolique de la peine de mort en Israël

La peine de mort existe en Israël mais n'a été appliquée qu'à deux reprises : en 1948, contre un capitaine de l'armée accusé de haute trahison, et en 1962, avec l'exécution du criminel de guerre nazi Adolf Eichmann. Depuis, elle est conservée de manière symbolique, précise Anna Zielinska, professeure de philosophie à l'Université de Lorraine.

L'influence grandissante de l'extrême droite

Pour revenir au pouvoir en 2022, Benyamin Netanyahou a formé une alliance avec l'extrême droite. Des ministres radicaux comme Itamar Ben Gvir, ministre de la Sécurité et figure du suprémacisme juif, ou Bezalel Smotrich, ministre des Finances, rejettent ouvertement les principes démocratiques fondamentaux tels que l'égalité et le pluralisme. Cette loi marque un recul inquiétant d'un État de droit en faillite, insiste Anna Zielinska.

Un glissement politique vers le populisme

Le glissement s'opère également au sein des partis de droite traditionnelle, qui se rapprochent de plus en plus des discours radicaux. Le Likoud, le parti de Benyamin Netanyahou, s'apparente davantage à l'extrême droite qu'aux partis de centre-droit traditionnels en Europe, note Noam Gidron, professeur de sciences politiques à l'Université hébraïque de Jérusalem.

Un déclin démocratique qui s'accélère

Cette dérive démocratique ne date pas des attentats d'octobre 2023 perpétrés par le Hamas et de la réponse guerrière de Netanyahou. L'État hébreu connaît un recul démocratique depuis plusieurs années, selon l'institut Varieties of Democracy, qui a rétrogradé le pays hors de la catégorie des démocraties libérales en 2024. La loi fondamentale sur l'État-nation de 2018, définissant Israël comme le foyer national du peuple juif, a marqué un tournant.

Une discrimination systémique

Les principes démocratiques sont constamment menacés par la diabolisation des Arabes israéliens et des Palestiniens de Cisjordanie, explique Anna Zielinska. Le centre juridique Adalah a recensé plus de 65 lois qui discriminent explicitement ou implicitement les citoyens palestiniens. Lorsqu'un État consacre, dans son cadre constitutionnel et législatif, la suprématie nationale et la discrimination systémique, il ne répond pas aux exigences de base d'un système démocratique, tranche Miriam Azem.

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Une accélération préoccupante

Ces trois dernières années, la dérive s'est accélérée, avec un effort concerté visant à déstabiliser les fondements institutionnels de la démocratie libérale israélienne, analyse Noam Gidron. Avec ce déclin de la qualité de la démocratie, Israël a suivi une voie similaire à celle de la Pologne et de la Hongrie, où les populistes de droite ont également attaqué les piliers de la démocratie libérale.

Un avenir incertain

Malgré tout, un processus démocratique reste en place. Des élections législatives sont prévues en octobre prochain, offrant l'occasion de voir si le discours fasciste a été accepté dans l'opinion publique, s'interroge Anna Zielinska. Le risque d'atteindre un point de non-retour est réel, alors que la communauté internationale observe avec inquiétude cette évolution législative et politique.