Manifestation d'Iraniens à Paris après les frappes : joie et appels au changement de régime
Iraniens à Paris : joie après frappes, appel au changement

Une foule iranienne en liesse à Paris après les frappes en Iran

À Paris, ce dimanche, des milliers d'Iraniens ont défilé dans les rues pour exprimer leur joie suite aux frappes américaines et israéliennes en Iran, qui ont conduit à la mort du guide suprême Ali Khamenei. Selon la police, environ 4 000 personnes ont participé à cette manifestation, reliant la place de la Bastille à celle des Pyramides, tout en appelant à un changement de régime en Iran.

Un sentiment de libération et d'espoir

Parmi les manifestants, Suzie Ziai, née en Iran et arrivée en France en 1980, a partagé son émotion : « On s’est rapproché de notre liberté. C’est le début de la fin, mais il ne faut pas trop danser non plus, il faut maintenant que le régime tombe. » Elle a ajouté : « Même si j’habite en France, j’ai toujours l’impression d’avoir un rocher sur le dos et que je n’arrive pas à respirer. Là, je respire un petit peu mieux mais ça n’est pas suffisant. »

Dans le cortège, de nombreux drapeaux ont été brandis, notamment ceux de la monarchie iranienne (Lion et soleil), ainsi que des drapeaux israéliens, américains et français. Une banderole proclamant « Iran, vie, liberté avec Reza Pahlavi », l’héritier du shah d’Iran, a ouvert le défilé, tandis qu’une autre affichait « Make Iran Great Again » avec le visage de Pahlavi et ses ancêtres.

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Des voix en faveur d'une transition démocratique

Suzie Ziai a exprimé son soutien à Reza Pahlavi : « Je fonde beaucoup d’espoirs sur le prince héritier car je pense qu’il est le plus adapté pour faire la transition. C’est le plus démocrate, le plus international, il a beaucoup de crédibilité. » Rama Ekhtiari, 44 ans, née à Téhéran et arrivée en France à trois ans, est venue avec sa famille pour célébrer : « On est venu fêter la mort de Khamenei et on continue de se battre pour que le régime tombe et qu’on puisse célébrer ça le jour J. Mais c’est déjà un bon début. »

Elle a ajouté : « On fait confiance à Israël et aux États-Unis » pour renverser la République islamique, tout en scandant des slogans comme « République islamique, assassin pour nos enfants » et « Non à la République islamique terroriste en Iran ». Interrogée sur les risques pour les civils, elle a répondu : « Si, […] mais ce qui est plus dangereux finalement, ce ne sont pas les bombes israéliennes, ce sont les Gardiens de la Révolution qui tuent les gens qui manifestent en Iran. »

Des contre-manifestations et des appels à la prudence

Parallèlement, place de la République, quelques centaines de personnes se sont rassemblées pour protester contre les frappes israélo-américaines, les jugeant contraires au droit international. Behrooz Farahany, 67 ans, Franco-iranien arrivé en France en 1982, a déclaré : « Nous sommes là pour condamner l’intervention israélienne et américaine contre la République islamique d’Iran et en même temps condamner le régime qui n’a fait que provoquer des tensions au niveau international d’un côté et une répression féroce et un massacre sans nom contre deux soulèvements. »

Membre de l’association Solidarité socialiste avec les travailleurs en Iran, il a insisté : « Renverser le gouvernement iranien doit être fait par les Iraniens et personne d’autre. Personne n’est mécontent que Khamenei ait été tué […] mais on condamne cette guerre contraire au droit international. » Batoul Arasteh, 75 ans, tenant un drapeau Femmes Vie Liberté, a partagé ses craintes : « C’est le peuple iranien qui décide. Hier, 140 enfants ont été tués, c’est le peuple qui souffre. » Elle redoute que « l’Iran devienne comme la Syrie ou l’Irak ».

Un avenir incertain pour l'Iran

Behrooz Farahany a exprimé son espoir : « Nous pensons que quelque chose émergera de l’intérieur de l’Iran, car un retour en arrière vers le royalisme n’est pas une option. » Cette manifestation à Paris reflète ainsi les divisions et les espoirs complexes de la diaspora iranienne, entre joie de voir un symbole du régime disparaître et inquiétudes face à l’intervention étrangère et aux violences persistantes.

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