Le ministre français des Affaires étrangères, Jean-Noël Barrot, a justifié vendredi l'abstention de la France lors d'un vote de l'ONU sur une résolution qualifiant la traite des esclaves africains de « plus grave crime contre l'humanité ». Il a expliqué que Paris refuse de créer une hiérarchie entre les crimes contre l'humanité.
Une abstention motivée par le refus de hiérarchiser les souffrances
« Si nous nous sommes abstenus sur cette résolution, c’est parce que nous refusons de créer une hiérarchie entre les crimes contre l’humanité, de mettre en compétition les souffrances que ces abominations et ces crimes continuent de provoquer aujourd’hui », a déclaré Jean-Noël Barrot lors d’une visite officielle à Lomé, au Togo. Il a ajouté qu'il est « indispensable, si nous voulons construire un avenir en commun, de pouvoir faire ce travail de mémoire et de vérité sur notre passé, dans ses facettes positives comme dans ses facettes les plus sombres ».
La résolution adoptée par l'ONU
La résolution, adoptée fin mars par 123 voix pour, 3 contre et 52 abstentions, dont le Royaume-Uni et les États membres de l'Union européenne, qualifie la traite des Africains réduits en esclavage de « plus grave crime contre l’humanité ». Portée par le président ghanéen John Mahama, elle appelle les États à s’engager dans un processus de justice incluant des excuses formelles, des compensations pour les descendants des victimes et la restitution de biens culturels.
Visite historique à Lomé
En marge de ce déplacement, le premier depuis 2002 pour un ministre français des Affaires étrangères au Togo, Jean-Noël Barrot s’est entretenu avec le président Faure Gnassingbé et son homologue Robert Dussey. Il a également abordé la question de la suspension de France 24 et de Radio France internationale, en vigueur depuis juin 2025 après des accusations de diffusion de « propos inexacts et tendancieux ». « J’ai plaidé pour que cette suspension soit levée au plus vite. C’est dans l’intérêt de toutes les parties », a déclaré le ministre.



