Féminicides après 70 ans : l'âgisme et le sexisme invisibilisent les violences conjugales
Féminicides après 70 ans : violences conjugales invisibilisées

Les femmes de plus de 70 ans, victimes invisibles des féminicides

Parmi tous les féminicides recensés en 2024, un chiffre alarmant émerge : 26% des femmes victimes avaient plus de 70 ans. Cette proportion représente une augmentation de neuf points par rapport à l'année précédente, selon les dernières données disponibles. Pourtant, les meurtres de ces femmes et les maltraitances qui les ont précédés restent très peu documentés, créant une double invisibilité pour ces victimes.

Des cas tragiques qui illustrent la réalité

Plusieurs drames récents mettent en lumière cette problématique. Le 25 janvier 2026 à Beausoleil dans les Alpes-Maritimes, une femme de 86 ans a été poignardée à mort par son mari de 89 ans dans leur appartement. L'homme s'est ensuite rendu à l'hôpital pour faire soigner des blessures superficielles avant d'avouer le meurtre.

Six jours plus tard, le corps de Liliane, 70 ans, a été découvert à son domicile à Courbevoie dans les Hauts-de-Seine. Son compagnon de 67 ans, déjà connu pour des violences conjugales, a été interpellé et mis en examen pour meurtre aggravé par la vulnérabilité de la victime.

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Le 21 février 2026, le onzième féminicide de l'année a été recensé à Roclincourt dans le Pas-de-Calais. Une femme d'environ 80 ans a été abattue avec une arme à feu par son mari, qui a ensuite tenté de retourner l'arme contre lui.

Une tendance inquiétante confirmée par les statistiques

Sur les douze meurtres de femmes enregistrés par le collectif Féminicides par compagnons ou par ex au 5 mars 2026, trois concernaient spécifiquement des femmes de 70 ans et plus. Cette proportion significative confirme une tendance préoccupante qui nécessite une attention particulière des autorités et des associations.

Les experts pointent du doigt un mélange d'âgisme et de sexisme qui contribue à rendre ces violences moins visibles dans le débat public. Les femmes âgées victimes de violences conjugales font face à des obstacles spécifiques :

  • Une dépendance économique ou physique accrue vis-à-vis de leur conjoint
  • Des difficultés à accéder aux services d'aide et de protection
  • Une sous-déclaration des violences par peur ou par méconnaissance des dispositifs
  • Une invisibilisation dans les campagnes de prévention

La nécessité d'une réponse adaptée

Cette situation souligne l'urgence de développer des politiques publiques et des dispositifs d'accompagnement spécifiquement adaptés aux femmes âgées victimes de violences. Les associations demandent une meilleure formation des professionnels de santé et des forces de l'ordre pour repérer plus efficacement ces situations.

La vulnérabilité particulière des femmes de plus de 70 ans, souvent liée à des problèmes de santé, d'isolement social ou de dépendance financière, exige une approche différenciée dans la lutte contre les violences conjugales. Le manque de données précises sur ces cas complique encore la mise en place de mesures ciblées.

Alors que la société prend progressivement conscience de l'ampleur des féminicides, il est crucial de ne pas laisser dans l'ombre cette catégorie particulièrement vulnérable de victimes. La combinaison de l'âge avancé et du genre crée une situation de double discrimination qui mérite une attention et des ressources spécifiques.

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