Un long parcours procédural a été nécessaire avant d'aboutir à cette décision. Mais les investigations visant l'eurodéputé RN Fabrice Leggeri ont bien démarré. Accusé de complicité de crimes contre l'humanité, l'ancien patron de Frontex fait désormais l'objet d'une information judiciaire.
Des accusations de « chasse aux migrants »
Fabrice Leggeri est accusé par des associations de complicité de crimes contre l'humanité et de torture pour avoir mené, selon les termes de leur avocat, Me Emmanuel Daoud, une « chasse aux migrants » dans le cadre de ses anciennes fonctions. « Nous avions appris la décision de la cour d'appel par la presse et attendons de voir ce que donnera l'information judiciaire avant de nous exprimer », a fait savoir la défense de l'eurodéputé.
Un parcours controversé à la tête de Frontex
Fabrice Leggeri dirigeait l'agence de l'Union européenne chargée du contrôle des frontières entre janvier 2015 et avril 2022. À la tête de Frontex, il a régulièrement été accusé par les ONG de tolérer des refoulements illégaux de migrants, s'imposant comme un défenseur de l'imperméabilité des frontières européennes.
Des interceptions d'embarcations encouragées ?
Une plainte avait été déposée en 2024 par la Ligue des droits de l'homme et Utopia 56. Cette plainte accuse l'eurodéputé d'avoir « encouragé » ses agents à faciliter les interceptions d'embarcations de migrants par les autorités libyennes et grecques. En 2024, il avait été l'une des prises du Rassemblement national (RN), en rejoignant le parti d'extrême droite comme numéro 3 de sa liste aux élections européennes.
Cette information judiciaire marque une étape importante dans la procédure, alors que les associations espèrent que la justice fera la lumière sur ces pratiques présumées. L'avenir politique de Fabrice Leggeri pourrait être compromis par cette affaire, qui intervient alors qu'il siège au Parlement européen.



