Dora Moutot condamnée pour injure contre une élue trans : défaite judiciaire pour les TERF
Dora Moutot condamnée pour injure envers une élue trans

Condamnation de Dora Moutot pour injure publique envers une élue transgenre

Le tribunal judiciaire de Paris a rendu son verdict ce mardi 21 mai 2025 : Dora Moutot, figure du mouvement féministe dit « TERF » (Trans-Exclusionary Radical Feminist), a été condamnée pour injure publique envers une élue transgenre. Cette décision judiciaire constitue une défaite significative pour les discours hostiles aux personnes transgenres, souvent relayés par certaines franges du féminisme.

Les faits reprochés

En octobre 2023, Dora Moutot avait publié sur son compte Twitter un message injurieux visant une élue municipale transgenre de la région parisienne. Dans ce tweet, elle qualifiait l'élue de « homme déguisé en femme » et remettait en cause sa légitimité à siéger dans une assemblée locale. L'élue, dont l'identité n'a pas été divulguée, avait immédiatement porté plainte pour injure publique en raison de l'orientation sexuelle et de l'identité de genre.

Lors de l'audience, la défense de Dora Moutot a tenté de justifier ses propos en invoquant la liberté d'expression et le droit de critiquer les politiques publiques en matière de genre. Cependant, le tribunal a estimé que les termes employés dépassaient les limites de la critique admissible et constituaient une attaque personnelle discriminatoire.

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Une décision qui fait jurisprudence

Cette condamnation intervient dans un contexte de tensions croissantes autour des droits des personnes transgenres en France. Les mouvements TERF, qui prônent l'exclusion des femmes trans des espaces réservés aux femmes, sont régulièrement accusés de propager des discours haineux. Pour les associations de défense des droits LGBTQ+, cette décision est une victoire importante.

« C'est un signal fort envoyé à celles et ceux qui pensent pouvoir insulter impunément les personnes transgenres », a déclaré Me Sophie Binet, avocate de la partie civile. « La justice rappelle que l'identité de genre est protégée par la loi et que les propos transphobes ne sont pas tolérés. »

Dora Moutot, de son côté, a annoncé son intention de faire appel. Elle dénonce une « censure » et une « atteinte à la liberté d'expression ». Ses soutiens, notamment au sein de la mouvance féministe radicale, crient à la « criminalisation du débat public ».

Les réactions politiques

Plusieurs personnalités politiques ont réagi à cette condamnation. La ministre déléguée à l'Égalité entre les femmes et les hommes, Aurore Bergé, a salué une décision « juste et nécessaire » qui « protège les personnes transgenres des violences verbales ». À l'inverse, des élus d'extrême droite ont dénoncé un « tribunal idéologique » et une « dérive autoritaire ».

Cette affaire met en lumière les fractures profondes au sein du mouvement féministe français. D'un côté, les féministes dites « inclusives » défendent une approche intersectionnelle incluant les droits des personnes trans. De l'autre, les féministes radicales considèrent que l'identité de genre est une construction sociale qui menace les acquis des femmes.

Les conséquences pour Dora Moutot

La condamnation de Dora Moutot prévoit une amende de 5 000 euros, dont 3 000 avec sursis, ainsi que l'obligation de verser 2 000 euros de dommages et intérêts à l'élue transgenre. Elle devra également publier le jugement sur ses réseaux sociaux pendant une durée d'un mois.

Cette affaire pourrait avoir des répercussions sur d'autres procédures en cours impliquant des militantes TERF. Plusieurs plaintes pour injures transphobes sont actuellement examinées par la justice française, et cette décision pourrait faire jurisprudence.

En attendant l'appel, le débat sur la place des personnes transgenres dans la société française reste plus que jamais d'actualité.

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