Un rassemblement solidaire pour marquer un triste anniversaire
Ce mardi 24 février, une cinquantaine de personnes s'est réunie sur la place Louis-XIV à Saint-Jean-de-Luz, dans le cadre d'une commémoration nationale de l'invasion de l'Ukraine. Comme dans de nombreuses villes françaises, ce rassemblement visait à honorer la mémoire des victimes et à exprimer un soutien actif aux réfugiés ukrainiens, dont une centaine a été accueillie dans le bassin de la Nivelle ces dernières années.
« Il faut dire les choses comme elles sont »
Line Targe, présidente de l'association Elkartasuna Larrun, a pris la parole pour souligner la gravité de la situation. « C'est une invasion, il faut dire les choses comme elles sont », a-t-elle déclaré au micro. Fondée il y a huit ans pour améliorer l'accueil des migrants, son organisation a joué un rôle clé dans ce rassemblement. « Je ne considère pas qu'en organisant ce rassemblement nous sommes généreux. Ce sont les Ukrainiens qui le sont. Et notre devoir, c'est de les soutenir », a-t-elle ajouté, insistant sur la nécessité d'une solidarité concrète.
Une foule diverse et engagée
Les participants, serrés les uns contre les autres devant le kiosque de la place, écoutaient des chants aux mélodies mélancoliques qui créaient une atmosphère recueillie. La foule comprenait :
- Des ressortissants ukrainiens directement touchés par le conflit
- Des militants et soutiens de l'association Elkartasuna Larrun
- Des passants séduits par la cause, dont l'élu d'opposition et candidat aux municipales Manuel de Lara
Ce mélange témoignait d'un engagement communautaire fort en faveur des réfugiés.
Le parcours poignant de Sergi Sabarnia
Parmi les participants, Sergi Sabarnia, un jardinier paysagiste originaire de Dnipro, s'est distingué. Installé au Pays basque en 2025, il entame sa deuxième saison en tant qu'homme de ménage dans un village de vacances d'Acotz. Les bombardements incessants dans sa région d'origine ont gravement affecté son audition, compliquant son apprentissage du français, qu'il considère essentiel à son intégration.
Avec sa femme et ses trois enfants, logés à Ciboure dans le quartier de Marinela où les enfants sont scolarisés, il a tenu à participer à ce rassemblement. « Célébrer » le quatrième anniversaire du conflit revêtait une importance particulière, car son jeune frère conscrit y est engagé. Entouré de sa famille, il exprime depuis la place Louis-XIV son bonheur de (re)vivir au Pays basque, malgré les épreuves.
Les défis de l'accompagnement des réfugiés
Line Targe a partagé les difficultés rencontrées dans l'accompagnement des ressortissants ukrainiens arrivés dans le bassin de la Nivelle, dont la moitié serait déjà repartie. « Ce n'est pas forcément facile de gérer toutes les démarches administratives ici. Il ne faut pas croire que ces gens cherchent un statut de simples réfugiés. Ils se battent, veulent travailler avec des cartes de séjour, ce sont des gens courageux », a-t-elle expliqué.
Elle a illustré cette résilience par des exemples frappants : « Quand vous avez une vétérinaire qui se retrouve à faire du ménage chez un particulier ou une professeure de mathématiques qui se retrouve à faire la plonge, vous relativisez ». Ces parcours mettent en lumière les sacrifices et l'adaptation nécessaires pour reconstruire une vie dans un nouveau pays.
Ce rassemblement, au-delà de la commémoration, a ainsi servi de rappel poignant des réalités humaines derrière les conflits et de l'importance d'un soutien continu aux réfugiés.



