Chirinne Ardakani, avocate franco-iranienne, sonne l'alarme sur les droits humains en Iran
Dans un entretien exclusif, Chirinne Ardakani, avocate et présidente de l'ONG Iran Justice, exprime ses profondes inquiétudes concernant l'avenir des droits humains en Iran. Elle redoute particulièrement que l'ancien président américain Donald Trump ne finisse par négocier avec ce qu'elle appelle « les bourreaux du peuple iranien », au détriment des civils et des dissidents.
Une critique acerbe de l'inaction internationale
« Qui aujourd'hui se soucie du droit des civils à vivre, alors même que la Charte des Nations unies interdit le recours illégal à la force et les frappes contre les installations civiles ? » interroge-t-elle avec amertume. Pour Ardakani, cette guerre révèle une idée profondément troublante : « les peuples du Moyen-Orient n'auraient droit qu'à mourir ». Elle déplore ainsi le manque de réaction de la communauté internationale face aux violations systématiques des droits fondamentaux.
Un parcours personnel au service des droits humains
Née en France de parents iraniens exilés après la révolution islamique de 1979, Chirinne Ardakani a consacré sa carrière à la défense des droits des plus vulnérables. En tant qu'avocate, elle défend activement les droits des réfugiés et, en Iran, les dissidents et prisonniers politiques. Parmi ses clients figurent des personnalités emblématiques telles que Narges Mohammadi, prix Nobel de la paix en 2023, ainsi que Cécile Kohler et Jacques Paris, deux ressortissants français.
Ces derniers ont été libérés en novembre 2025 de la tristement célèbre prison d'Evin après plus de trois ans de détention. Cependant, ils restent interdits de quitter le territoire iranien et sont assignés à l'ambassade de France à Téhéran, une situation que dénonce vigoureusement Ardakani.
Le contexte de la guerre et l'appel à l'action
Alors que la guerre déclenchée le 28 février par les frappes américano-israéliennes contre l'Iran a embrasé le Moyen-Orient, Chirinne Ardakani, à la tête de l'association Iran Justice, critique sévèrement l'inaction de l'Europe. Elle appelle avec insistance la communauté internationale à porter assistance et à fournir des secours humanitaires aux populations civiles affectées.
Son message est clair : il est urgent d'agir pour protéger les droits humains et éviter que des négociations politiques ne sacrifient les libertés fondamentales des Iraniens. Elle souligne que la situation actuelle exige une réponse coordonnée et ferme de la part des démocraties occidentales.



