Leonard Benardo d'Open Society tire le bilan de 50 ans de promotion démocratique
Bilan de 50 ans de promotion démocratique par Open Society

Un bilan en demi-teinte après un demi-siècle d'engagement démocratique

Dans un entretien exclusif accordé au Monde, Leonard Benardo, vice-président d'Open Society Foundations, dresse un portrait nuancé de près de cinquante ans de promotion active de la démocratie libérale à travers le monde. Ce réseau philanthropique, fondé en 1979 par l'investisseur d'origine hongroise George Soros, se trouve aujourd'hui confronté à un contexte international radicalement transformé.

La démocratie libérale sous pression

« Personne n'aurait imaginé, il y a vingt-cinq ans, que le nationalisme serait en recrudescence », constate avec amertume Leonard Benardo. Le modèle démocratique universaliste défendu par Open Society Foundations se heurte désormais à une opposition croissante, tandis que George Soros lui-même est devenu la cible symbolique privilégiée des régimes autoritaires contemporains.

Le vice-président de l'organisation souligne particulièrement l'échec essuyé en Russie au début des années 2000, un épisode qu'il considère comme « riche de leçons » pour comprendre les limites de l'exportation des valeurs démocratiques. Cet échec illustre les difficultés rencontrées par les initiatives visant à établir des sociétés ouvertes dans des contextes politiques complexes.

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Le rôle crucial du débat intellectuel

Leonard Benardo supervise deux programmes majeurs au sein d'Open Society Foundations :

  • L'Ideas Workshop, qui promeut le dialogue intellectuel à travers le financement de revues, magazines, podcasts et festivals d'idées
  • L'Open Society University Network, une initiative destinée à soutenir la recherche et l'enseignement à l'échelle mondiale

« Mon travail consiste à attribuer des bourses à des intellectuels, écrivains et artistes d'un large spectre politique afin de créer une conversation critique et réfléchie », explique-t-il. Contrairement aux autres départements de la fondation qui poursuivent des objectifs précis de justice sociale et de défense des droits humains, l'Ideas Workshop se concentre sur la stimulation du débat d'idées.

Un moment charnière pour la réflexion critique

Dans cette période de transition entre différents ordres mondiaux, Leonard Benardo estime que la réflexion critique, le débat et la confrontation des idées sont absolument essentiels. L'expression « société ouverte », empruntée au philosophe autrichien Karl Popper (1902-1994), continue de guider la mission de l'organisation malgré les défis actuels.

La question centrale qui se pose aujourd'hui est double : quelles leçons tirer de près de cinquante ans de promotion de la démocratie libérale, et qu'est-il encore permis d'espérer dans un contexte mondial marqué par la montée des nationalismes et l'affaiblissement des institutions démocratiques ?

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