Au cœur de Beyrouth bombardée, des bénévoles risquent leur vie pour sauver les animaux de guerre
Beyrouth : des bénévoles sauvent les animaux dans la guerre

Au cœur de l'enfer beyrouthin, le courage des sauveteurs d'animaux

Dans un conflit qui a déjà coûté la vie à plus de mille personnes et contraint plus d'un million de Libanais à l'exode, une association refuse d'abandonner les plus vulnérables : les animaux domestiques. Au milieu des bombardements israéliens qui ravagent quotidiennement la banlieue sud de Beyrouth, les bénévoles de l'ONG Animals Lebanon mènent des missions périlleuses pour sauver chiens et chats laissés pour compte.

Deux scooters contre les ruines de la guerre

Juchés sur leurs scooters, équipés de gants épais et de cages de transport, Kamal, Khalil et Rim sillonnent les rues dévastées de ce bastion du Hezbollah. Leur mission quotidienne : récupérer les animaux que leurs propriétaires, dans la précipitation de la fuite, n'ont pu emmener avec eux. Les mains couvertes de griffures et de morsures, cette petite équipe brave les dangers pour arracher à la mort des créatures terrorisées.

« Ce sont des êtres vivants, ils ne sont pas responsables des guerres », insiste Khalil Hamieh, bénévole de 45 ans, tandis que son équipe tente depuis une semaine de capturer un chat domestique ayant sauté par la fenêtre d'un appartement bombardé. Le second félin recherché ce jour-là est à moitié paralysé, probablement blessé lors d'un raid aérien.

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Une logistique adaptée à l'urgence permanente

À la lisière de Haret Hreik, quartier où le Hezbollah exerce son autorité, Issam Attar stationne sa jeep qui transportera les animaux secourus chez le vétérinaire. Le reste de l'équipe privilégie les scooters, plus maniables pour une évacuation rapide en cas d'urgence. « Nous savons que nous risquons nos vies, et pas seulement à cause des bombardements », confie Khalil en montrant les marques sur ses mains.

Les bénévoles redoutent constamment qu'un animal terrifié les attaque lors des sauvetages, « car ils ne comprennent pas ce que nous faisons ». La peur est palpable chez ces créatures désorientées par les explosions et les tirs en l'air qui remplacent les sirènes d'alerte à Beyrouth.

241 sauvetages et une mission qui dépasse les frontières

Depuis le 2 mars, Animals Lebanon a déjà secouru 241 animaux dans le sud du Liban. L'ONG ne se contente pas des missions de sauvetage : elle nourrit les animaux errants et distribue nourriture et médicaments aux familles déplacées. Rim Sadek, responsable des opérations, explique : « Les tirs et explosions terrifient les animaux, surtout les chats. Terrorisés, ils se cachent, et de nombreuses familles ne parviennent pas à les trouver au moment de fuir ».

Certains félins ne peuvent immédiatement retrouver leurs propriétaires, qui dorment dans les rues ou dans des centres d'accueil de la capitale. L'association les héberge donc temporairement dans ses locaux.

Des sauvetages qui incluent même des fauves

Parmi les chats domestiques, l'ONG a recueilli une lionne de cinq mois, confisquée à des trafiquants peu après le début du conflit. Un autre lionceau a été localisé dans le nord-est du pays. Mais ces félins sauvages sont coincés au Liban : les deux compagnies aériennes capables de les transporter en Afrique du Sud ont annulé leurs vols à cause de la guerre. Animals Lebanon cherche désormais à les faire rejoindre Chypre par bateau.

Malgré les restrictions d'accès imposées par le Hezbollah et la dangerosité permanente des bombardements, ces bénévoles continuent leur mission. « Au-delà de notre compassion pour les animaux, nous pensons aussi à leurs propriétaires qui ne peuvent pas aller les chercher », conclut Issam Attar, résumant l'humanité profonde qui anime ces sauveteurs d'un genre particulier.

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