Un rapport alarmant sur l'état des droits humains
Amnesty International publie ce mardi 21 avril 2026 son rapport annuel pour l'année 2025, dressant un constat sévère sur la situation des droits humains en France et à l'échelle mondiale. L'organisation non gouvernementale tire la sonnette d'alarme face à des tendances inquiétantes qui menacent les fondements démocratiques.
La France face à la montée des discours autoritaires
À un an de l'élection présidentielle française, Amnesty International exprime une profonde préoccupation concernant la banalisation de discours qu'elle qualifie de « d'une virulence extrêmement inquiétante ». Ces propos, qui fragilisent selon l'ONG l'État de droit, incluent des attaques racistes, un ciblage systématique des étrangers et des minorités, ainsi qu'une discréditation des voix critiques.
« Des marqueurs relevant de pratiques autoritaires, ancrées notamment aux États-Unis, se multiplient aujourd'hui aussi en France », déplore Anne Savinel-Barras, présidente d'Amnesty International France. Elle ajoute avec gravité : « Nuire à l'État de droit, c'est céder la place à l'état de force. »
La surveillance de masse, une menace concrète
L'organisation pointe également du doigt l'utilisation croissante des technologies de surveillance sur le territoire français. Elle rappelle que le gouvernement a déposé en mai 2025 un projet de loi autorisant la vidéosurveillance de masse pilotée par l'intelligence artificielle jusqu'en 2027, dans le cadre des Jeux Olympiques d'hiver des Alpes-2030.
Le Conseil constitutionnel a validé cette mesure à la mi-mars, « malgré les risques graves pour les droits humains, en particulier pour les personnes racisées ». Amnesty International s'inquiète de cette évolution qui pourrait normaliser des pratiques attentatoires aux libertés fondamentales.
La lâcheté des dirigeants face aux prédateurs mondiaux
Sur la scène internationale, le rapport d'Amnesty International adopte un ton particulièrement sévère. Agnès Callamard, secrétaire générale de l'organisation, a déclaré lors de la présentation du rapport à Londres : « En 2025, Donald Trump, Vladimir Poutine et Benjamin Netanyahu, pour ne citer qu'eux, ont poursuivi une stratégie de domination économique et politique passant par la destruction, la répression et des violences mondiales à grande échelle. »
Le document détaille plusieurs situations préoccupantes :
- Les États-Unis se sont livrés à des homicides extrajudiciaires au-delà de leurs frontières
- Des attaques « en toute illégalité » contre le Venezuela et l'Iran
- La poursuite de ce qu'Amnesty qualifie de génocide contre la population palestinienne de Gaza par Israël
- La remise en cause systématique des droits des femmes par l'administration Trump
Face à ces situations, Agnès Callamard dénonce la « lâcheté » de presque tous les dirigeants internationaux, particulièrement en Europe, qui n'ont pas pris de mesures significatives pour contrer ces violations.
Les institutions internationales sous pression
Le rapport souligne que les institutions internationales ont subi les « pires » attaques depuis leur création en 1948. Parmi les exemples cités :
- Les sanctions américaines contre des magistrats de la Cour pénale internationale
- Le retrait américain de dizaines de conventions internationales
- L'abandon de l'accord du GIEC sur le climat
Ces actions contribuent selon Amnesty International à affaiblir le système multilatéral de protection des droits humains.
Des situations dramatiques à travers le monde
Le document évoque également d'autres crises humanitaires graves :
- En Birmanie, où l'armée a utilisé des parapentes motorisés pour larguer des munitions sur des villages
- Au Soudan, où les Forces de soutien rapide ont commis des massacres de civils et des violences sexuelles
Parmi les rares lueurs d'espoir mentionnées dans le rapport figurent la création d'un tribunal spécial pour la guerre en Ukraine, la remise de l'ex-président philippin Rodrigo Duterte à la Cour pénale internationale, et les actions de dockers en Espagne, en France et au Maroc pour perturber l'acheminement d'armes vers Israël.
Un moment charnière pour les droits humains
Agnès Callamard conclut sur une note alarmante : « Nous sommes au moment même où tout peut basculer, où tout ce qui a été construit au cours des 80 dernières années risque d'être anéanti. » Ce rapport annuel d'Amnesty International se présente ainsi comme un cri d'alarme face à la détérioration globale de la situation des droits humains, appelant à une mobilisation urgente des citoyens et des responsables politiques pour préserver les acquis démocratiques.



