Un juge d'instruction français a été désigné pour enquêter sur la mort du journaliste saoudien Jamal Khashoggi, assassiné en 2018 dans le consulat d'Arabie saoudite à Istanbul. Cette décision fait suite au dépôt d'une plainte contre le prince héritier saoudien, Mohammed ben Salman, accusé d'avoir ordonné ce meurtre.
Une plainte qui relance l'affaire
La plainte a été déposée par la fiancée de Khashoggi, Hatice Cengiz, et par l'organisation Reporters sans frontières (RSF). Elle accuse Mohammed ben Salman d'être le commanditaire de l'assassinat. Les plaignants estiment que le prince héritier saoudien bénéficie d'une immunité de chef d'État en exercice, mais que celle-ci ne couvre pas les actes de torture et d'exécution extrajudiciaire.
Les implications juridiques
L'ouverture de cette enquête en France repose sur le principe de compétence universelle, qui permet à la justice française de poursuivre les auteurs de crimes graves, même commis à l'étranger. La plainte vise notamment des actes de torture et des disparitions forcées, qui sont imprescriptibles selon le droit international.
Le juge d'instruction devra déterminer si les éléments présentés justifient la mise en examen du prince héritier saoudien. Cette procédure pourrait avoir des conséquences diplomatiques majeures entre la France et l'Arabie saoudite, un allié stratégique au Moyen-Orient.
Les réactions
Hatice Cengiz a salué cette décision comme un "pas important vers la justice". De son côté, RSF a rappelé que Jamal Khashoggi était un critique du régime saoudien et que son assassinat avait été condamné par la communauté internationale. L'Arabie saoudite a toujours nié toute implication de son prince héritier, affirmant que le meurtre était le fait d'une opération non autorisée.
Cette enquête française s'ajoute à d'autres procédures judiciaires en cours, notamment aux États-Unis, où un rapport du renseignement a conclu que Mohammed ben Salman avait approuvé l'opération visant à capturer ou tuer Khashoggi.



