Cinq femmes ont relaté les abus subis lors d'une audition parlementaire aux États-Unis, tout en appelant à une réforme législative sur les délais de prescription des violences sexuelles. Nouveaux témoignages dans le tentaculaire dossier Jeffrey Epstein. Cinq femmes, ainsi que la famille d'une sixième décédée en 2025, ont témoigné mardi aux États-Unis devant les membres démocrates de la commission parlementaire qui enquête sur l'affaire et ses ramifications, comme l'explique Radio France, qui a pu y assister. Toutes ont été violées par le milliardaire. Dont une en 2009, alors que Jeffrey Epstein purgeait une peine de prison aménagée.
Le milliardaire avait en effet été inculpé en 2006 pour relations sexuelles illégales avec des mineures et atteinte à la pudeur. Il encourait la prison à perpétuité mais avait conclu un accord et avait plaidé coupable pour racolage de mineures et écopé de dix-huit mois de prison dans des conditions aménagées. Il aurait alors passé ses journées à son domicile de Palm Beach, en Floride, où il aurait continué à abuser de jeunes femmes.
Parmi celles qui ont donc témoigné devant la commission, une mannequin originaire d'Ouzbékistan, nommée Roza. Âgée de 18 ans en 2009, elle raconte avoir rencontré le milliardaire par l'intermédiaire de Jean-Luc Brunel, l'agent français retrouvé mort dans sa cellule en 2022. Elle est envoyée en Floride par le Français, avec des promesses de carrière dans le mannequinat.
À l'époque, le financier était autorisé à sortir de prison la journée et revenait y dormir le soir. « J'ai rencontré Jeffrey Epstein dans sa maison en 2009. Il n'était pas en prison. Il plaisantait même avec ses copains au sujet de sa condamnation et s'enorgueillissait de continuer à voir des filles. Il m'a violée en permanence pendant trois ans. Je n'avais pas d'argent, pas de famille aux États-Unis. J'étais la proie idéale », a expliqué, en pleurs, la mannequin.
Une loi contre les délais de prescription
Les victimes ont aussi témoigné devant les élus démocrates, comme l'expliquent les médias américains, dénonçant notamment l'absence de réaction des autorités et appelant à adopter la loi Virginia Giuffre, du nom d'une des victimes d'Epstein devenue activiste, qui s'est suicidée en 2025. L'objectif de cette loi sera de mettre fin aux délais de prescription des violences sexuelles.
« Nous sommes ici au cœur du système Epstein. Palm Beach est le Ground zero de son entreprise criminelle », a déclaré de son côté le représentant démocrate Robert Garcia. L'une des questions qui traverse la commission d'enquête, victime comme élus, est celle de la grâce potentielle de Ghislaine Maxwell. La défense de la compagne de Jeffrey Epstein demande en effet à ce que celle-ci soit graciée avant de répondre au Congrès. Condamnée à vingt ans de prison pour trafic sexuel de mineures, elle purge sa peine, mais a déjà déclaré que Donald Trump, tout comme Bill Clinton, étaient « innocents de tout méfait ». Le nombre de victimes dans l'affaire Epstein est estimé à 1 200. Le milliardaire américain a été retrouvé pendu dans sa cellule en 2019.



