Pédocriminalité en ligne : 55% des consommateurs passent à l'acte
55% des consommateurs de pédopornographie passent à l'acte

L'essor du numérique a un revers inquiétant : l'explosion du nombre de contenus pédocriminels échangés en ligne. Selon Véronique Béchu, directrice de l'Observatoire des violences numériques faites aux mineurs, près de 2,6 millions d'individus dans le monde consulteraient ces contenus à un instant donné. En France, l'Office des mineurs (OFMIN) a reçu près de 318 000 signalements en 2023, soit 870 par jour, faisant de l'Hexagone le quatrième pays hébergeant le plus de ces contenus.

Un lien entre virtuel et réel

Si la pédocriminalité en ligne repose sur des violences réelles, le passage à l'acte des consommateurs reste flou. L'affaire du docteur Le Scouarnec, condamné pour pédopornographie avant la découverte de ses méfaits sur ses patients, illustre ce lien. Pour éclaircir cette question, nous avons interrogé Michael Seto, directeur de recherches à l'Institut de recherche en santé mentale de l'Université d'Ottawa.

Des chiffres alarmants

Selon une étude de 2011 synthétisant six enquêtes, 55 % des délinquants en ligne ont admis avoir commis une infraction sexuelle avec contact sur un enfant. Michael Seto estime que ce constat reste valable : environ la moitié des consommateurs de matériel pédopornographique ont déjà agressé des enfants, un chiffre bien supérieur à celui des casiers judiciaires.

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Mesures de prévention

Plusieurs interventions existent pour réduire le risque de passage à l'acte. La première est l'évaluation des risques via des outils validés, comme le Child Pornography Offender Risk Tool, qui prend en compte l'âge, les antécédents judiciaires et l'intérêt sexuel pour les enfants. Des programmes de traitement ciblent les causes profondes, comme l'isolement social ou l'utilisation compulsive de pornographie. Enfin, la surveillance est cruciale : environ un quart des délinquants libérés sous conditions enfreignent les interdictions.

Autorité parentale et risques pour les enfants

Les consommateurs de pédopornographie sans antécédent d'abus direct présentent un risque de récidive faible, mais il existe un risque d'abus sur leurs propres enfants ou de production de nouveaux contenus. Michael Seto ne recommande pas une interdiction systématique de la garde parentale, car chaque situation doit être évaluée par un juge. Une interdiction totale pourrait dissuader les enfants de signaler des comportements suspects. La décision doit reposer sur une évaluation minutieuse du risque de récidive et de la capacité du parent non délinquant à superviser la situation.

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