Un bilan dramatique pour la liberté de la presse mondiale
Le monde de l'information a subi une année particulièrement meurtrière en 2025. Selon le dernier rapport du Comité pour la protection des journalistes (CPJ), cent-vingt-neuf journalistes et employés de presse ont perdu la vie dans l'exercice de leurs fonctions. Ce chiffre représente le deuxième record annuel consécutif depuis trente ans que l'organisation américaine tient cette comptabilité macabre.
Israël pointé du doigt dans la majorité des cas
L'État d'Israël est directement mis en cause dans les deux tiers des assassinats recensés. L'ONG américaine affirme sans ambages que « l'armée israélienne a désormais commis davantage d'assassinats ciblés de membres de la presse que n'importe quelle autre armée gouvernementale à ce jour ». La grande majorité des victimes étaient des journalistes et travailleurs des médias palestiniens opérant dans la bande de Gaza, où le conflit a fait quatre-vingt-six morts parmi les professionnels de l'information.
Les autres conflits meurtriers pour la presse
Outre la guerre à Gaza, deux autres théâtres de conflit ont été particulièrement dangereux pour les journalistes en 2025 :
- Le Soudan avec neuf journalistes tués
- L'Ukraine avec quatre décès recensés
Carlos Martinez de la Serna, chef de projet au CPJ, souligne pour l'AFP une évolution inquiétante des méthodes : « L'un des constats marquants de ces dernières années est la hausse du recours aux drones ». Trente-neuf cas documentés ont été enregistrés en 2025, contre seulement deux en 2023.
La criminalité organisée, autre menace majeure
Les conflits armés ne sont pas les seuls responsables de cette hécatombe. La criminalité organisée a également frappé durement la profession, notamment au Mexique où six journalistes ont été assassinés en 2025. Plusieurs cas ont également été recensés en Inde et au Pérou, démontrant que la menace pèse sur les reporters bien au-delà des zones de guerre conventionnelles.
Des exécutions politiques inquiétantes
En Arabie saoudite, un événement a particulièrement alarmé les défenseurs de la liberté de la presse. Le chroniqueur renommé Turki al-Jasser a été exécuté par l'État en juin 2025 après une condamnation fondée sur ce que le CPJ qualifie « d'allégations fallacieuses ». Il s'agit du premier meurtre documenté d'un journaliste dans cet État du Golfe depuis l'assassinat de Jamal Khashoggi en 2018.
Un appel urgent à la protection des journalistes
Jodie Ginsberg, directrice générale du CPJ, lance un avertissement solennel : « Des journalistes sont tués en nombre record à un moment où l'accès à l'information est plus important que jamais ». Elle ajoute que « les attaques contre les médias sont un indicateur majeur d'atteintes à d'autres libertés, et il faut faire bien davantage pour empêcher ces assassinats et punir leurs auteurs ».
Fondé en 1981 à New York, le Comité pour la protection des journalistes est une organisation indépendante financée par des fonds privés et des fondations. Dirigé par un conseil composé de membres de la presse et de personnalités de la société civile, le CPJ œuvre depuis plus de quatre décennies à défendre la liberté de la presse et la sécurité des journalistes à travers le monde.



