Le président ukrainien Volodymyr Zelensky a prononcé un discours ferme lors de la 62ᵉ Conférence de Munich sur la sécurité, le samedi 14 février 2026, rejetant catégoriquement toute possibilité de retrait ou d'échange territorial avec la Russie. Dans un contexte de pourparlers diplomatiques prévus à Genève les 17 et 18 février, le dirigeant a exprimé ses préoccupations quant aux ambitions russes et au rôle des alliés occidentaux.
Une position inflexible sur l'intégrité territoriale
Devant un auditoire international composé de chefs d'État, de ministres et de diplomates, Zelensky a déclaré : « On ne peut pas se retirer de notre territoire, ni échanger une parcelle contre une autre. C'est de la folie. Il ne s'agit pas seulement de terres : 200 000 personnes y vivent, des milliers y ont perdu la vie ». Cette affirmation intervient alors que les précédentes négociations à Abou Dhabi avaient buté sur la question d'un possible partage de territoires.
Le président ukrainien a également mis en garde contre les objectifs minimaux de Moscou : « Ce qu'ils veulent au minimum, c'est le Donbass, la région de Donetsk, à 100 %, pour présenter ça comme une victoire ». Il a comparé la situation actuelle à la conférence de Munich de 1938, où les puissances européennes avaient accepté le démembrement de la Tchécoslovaquie, qualifiant cette approche d'« illusion ».
Critiques envers les alliés et processus de négociation
Zelensky a exprimé son mécontentement quant au rôle des partenaires internationaux dans les discussions de paix. « L'Europe n'est pratiquement pas présente à la table. C'est une grosse erreur, selon moi », a-t-il déploré, soulignant que les négociations impliquent principalement Moscou, Kiev et Washington.
Le chef de l'État ukrainien a également commenté les pressions américaines : « Les Américains reviennent souvent sur la question des concessions, et trop souvent ces concessions sont abordées uniquement dans le contexte de l'Ukraine, pas de la Russie ». Ces déclarations font écho aux propos du président américain Donald Trump, qui avait appelé Zelensky à « se bouger » pour parvenir à un accord.
Contexte sécuritaire et diplomatique
La conférence de Munich s'est tenue dans un climat de tensions persistantes sur le terrain. Les autorités ukrainiennes ont rapporté :
- 98 combats recensés entre forces ukrainiennes et russes au cours de la journée de samedi
- Sept civils tués dans des attaques russes nocturnes sur l'est et le sud du pays
- Une femme décédée à Odessa suite à des bombardements de drones
Parallèlement, plusieurs développements diplomatiques ont marqué l'événement :
- Le chef de la diplomatie chinoise Wang Yi a plaidé pour une participation européenne active aux négociations
- La présidente de la Commission européenne Ursula von der Leyen a appelé l'Europe à « passer à la vitesse supérieure » en matière de défense
- Le secrétaire d'État américain Marco Rubio a exprimé des doutes sur la sincérité russe dans les pourparlers de paix
Déclarations fortes sur le leadership russe
Dans un langage particulièrement direct, Zelensky a qualifié Vladimir Poutine d'« esclave de la guerre », affirmant que le président russe « ne s'intéresse plus à rien d'autre » que le conflit. Il a également dénoncé les attaques contre les infrastructures énergétiques ukrainiennes : « Il ne reste plus une seule centrale en Ukraine qui n'a pas été endommagée par les attaques russes ».
Le président ukrainien a par ailleurs souligné l'impact humanitaire du conflit, évoquant les 6 000 soldats nord-coréens tués ou blessés selon les renseignements sud-coréens, et rendant hommage à l'opposant russe Alexeï Navalny, dont l'empoisonnement a été attribué au Kremlin par cinq pays occidentaux.
Alors que le conflit s'apprête à entrer dans sa cinquième année, les déclarations de Munich illustrent les profondes divergences qui persistent entre les parties, avec une Ukraine déterminée à préserver son intégrité territoriale face à une Russie dont les intentions réelles restent, selon plusieurs intervenants, difficiles à décrypter.



