Le président ukrainien Volodymyr Zelensky a accusé, lundi 6 juillet, la Russie de chercher à infliger « autant de souffrances et de dégâts que possible » aux Ukrainiens, alors que les forces russes intensifient leurs frappes sur les infrastructures civiles et énergétiques du pays.
Des frappes russes dévastatrices
Selon l'armée ukrainienne, au moins 12 personnes ont été tuées et 45 blessées lors d'une série de bombardements russes sur la ville de Kryvyï Rih, dans le centre de l'Ukraine, dans la nuit de dimanche à lundi. Les frappes ont visé des immeubles résidentiels et une infrastructure ferroviaire, provoquant d'importants dégâts matériels. « L'ennemi continue de terroriser les civils », a déclaré le gouverneur de la région, Oleksandr Vilkul, sur Telegram.
La stratégie russe de la terreur
Dans son allocution quotidienne, Volodymyr Zelensky a dénoncé une stratégie délibérée de Moscou. « La Russie ne cherche pas seulement à détruire notre armée, elle veut infliger autant de souffrances et de dégâts que possible à notre peuple », a-t-il affirmé. Il a souligné que les frappes sur les infrastructures énergétiques visaient à priver les Ukrainiens d'électricité et de chauffage, en particulier à l'approche de l'hiver. « Nous devons nous préparer à de nouvelles attaques, mais nous ne céderons pas », a-t-il ajouté.
Un bilan humain lourd
Depuis le début de l'invasion russe en février 2022, plus de 10 000 civils ont été tués et près de 20 000 blessés, selon les Nations unies. Les frappes récentes ont particulièrement touché les régions de Donetsk, Kharkiv et Zaporijjia. L'ONU a condamné ces attaques, les qualifiant de « violations flagrantes du droit international humanitaire ». Le secrétaire général de l'ONU, António Guterres, a appelé à une « désescalade immédiate ».
La réponse ukrainienne
Face à cette escalade, l'Ukraine a renforcé sa défense antiaérienne grâce aux livraisons d'armes occidentales. Le ministre ukrainien de la Défense, Oleksiï Reznikov, a annoncé que les systèmes de défense Patriot et IRIS-T avaient permis d'abattre « 80 % des missiles et drones russes ces dernières semaines ». Cependant, il a reconnu que certaines frappes parvenaient à passer, notamment les missiles hypersoniques Kinjal, difficiles à intercepter.
Les réactions internationales
La communauté internationale a réagi vivement aux nouvelles frappes. Le président américain Joe Biden a promis une nouvelle aide militaire de 1,2 milliard de dollars, incluant des munitions pour les systèmes de défense aérienne et des obus d'artillerie. De son côté, le président français Emmanuel Macron a condamné « les actes de barbarie russes » et appelé à un renforcement des sanctions contre Moscou. L'Union européenne a annoncé un nouveau paquet de sanctions visant les secteurs de l'énergie et de la finance russes.
La situation humanitaire
La multiplication des frappes a aggravé la situation humanitaire en Ukraine. Selon le Haut-Commissariat des Nations unies pour les réfugiés (HCR), plus de 6,5 millions d'Ukrainiens sont déplacés à l'intérieur du pays, tandis que 4,8 millions ont fui à l'étranger. Les organisations humanitaires peinent à acheminer l'aide en raison des combats et des destructions d'infrastructures. Le Comité international de la Croix-Rouge (CICR) a lancé un appel aux dons de 250 millions d'euros pour faire face aux besoins croissants.
Les perspectives
Alors que le conflit entre dans son 18e mois, les perspectives de paix restent lointaines. Les négociations entre Kiev et Moscou sont au point mort, chaque camp campant sur ses positions. L'Ukraine exige un retrait total des troupes russes, tandis que la Russie réclame la reconnaissance de ses annexions territoriales. Dans ce contexte, Volodymyr Zelensky a réitéré sa demande d'une adhésion rapide de l'Ukraine à l'OTAN, estimant que c'était la seule garantie de sécurité pour son pays.



