Dans un entretien accordé à la chaîne américaine CNN, le président ukrainien Volodymyr Zelensky a lancé un appel pressant aux États-Unis, les exhortant à « rester du côté » de son pays alors que le conflit avec la Russie entre dans sa cinquième année. Interrogé sur la pression exercée par son homologue américain Donald Trump sur Vladimir Poutine pour mettre fin aux hostilités, M. Zelensky a répondu par une négation catégorique.
Un appel à la solidarité démocratique
« Les États-Unis doivent rester du côté d'un pays démocratique qui lutte contre une seule personne », a déclaré le président ukrainien en référence au dirigeant russe. Il a ajouté avec insistance : « On ne peut pas juste lui donner tout ce qu'il veut. Parce qu'il veut nous occuper. Si nous lui donnons tout ce qu'il veut, nous allons tout perdre − tous autant que nous sommes, nous devrons fuir ou devenir Russes. »
Le blocage des sanctions européennes
Cette intervention intervient dans un contexte diplomatique particulièrement tendu. L'Union européenne n'a pas réussi à adopter un nouveau paquet de sanctions contre la Russie en raison d'un veto hongrois. La haute représentante de l'UE, Kaja Kallas, a qualifié cette situation de « revers » significatif à la veille du quatrième anniversaire de l'invasion russe.
Le premier ministre hongrois Viktor Orban a justifié sa position en affirmant que l'Union européenne et les principaux pays européens se « préparent à une guerre avec la Russie ». Il a déclaré au Parlement hongrois que « les conséquences seront imprévisibles » et que la Hongrie « ne peut que perdre dans un tel conflit ».
Les réactions internationales
Emmanuel Macron a appelé l'UE à « avancer » dans son travail pour adopter les nouvelles sanctions, tandis que le ministre français des affaires étrangères Jean-Noël Barrot s'est dit certain de l'adoption finale de ce paquet. Parallèlement, le président du Conseil européen Antonio Costa a mis en garde la Hongrie, soulignant que « toute violation de cet engagement constitue une atteinte au principe de coopération loyale ».
Développements sur le terrain
Sur le plan militaire, la situation reste extrêmement tendue. La défense aérienne ukrainienne a annoncé avoir détruit 105 drones sur les 126 lancés par la Russie dans une récente attaque nocturne. Trois personnes sont mortes et « une infrastructure industrielle » a été touchée par des frappes russes.
À Mykolaïv, sept policiers ont été blessés dans une explosion, dont deux grièvement. Volodymyr Zelensky a précisé que « toutes les circonstances sont en cours d'investigation, y compris l'hypothèse d'un attentat terroriste ». Cette attaque survient peu après un incident similaire à Lviv où une jeune policière a perdu la vie.
La question énergétique
Le premier ministre slovaque Robert Fico a annoncé l'arrêt des livraisons d'électricité d'urgence à l'Ukraine, en raison de l'interruption de la fourniture de pétrole russe à travers l'oléoduc Droujba. Cette décision fait suite à des tensions concernant le transit de pétrole via le territoire ukrainien.
Néanmoins, le gestionnaire national du réseau de transport d'électricité Ukrenergo a assuré que cette interruption n'aurait pas d'incidence majeure sur la situation du réseau électrique ukrainien, précisant que la dernière assistance slovaque remontait à plus d'un mois et était de taille très limitée.
Perspectives économiques et humanitaires
Un rapport conjoint de Kiev, de la Banque mondiale, de l'Union européenne et des Nations unies estime que la reconstruction après-guerre de l'Ukraine coûtera 588 milliards de dollars sur la prochaine décennie. Parallèlement, les Ukrainiens déplacés par l'invasion peuvent désormais déposer des demandes d'indemnisation auprès d'un organisme sous l'égide du Conseil de l'Europe.
Malgré l'ampleur des destructions, la situation humanitaire reste maîtrisée selon les observateurs. Le gouvernement ukrainien et les réseaux d'entraide ont permis de faire face aux défis considérables posés par le conflit, y compris pendant les hivers rigoureux marqués par les coupures d'électricité et de chauffage dues aux frappes russes.
La flotte fantôme russe
Le chef d'état-major de la Marine française, l'amiral Nicolas Vaujour, a dénoncé les activités de la « flotte fantôme » russe, estimée à un millier de navires qui « essayent de contourner l'ensemble des sanctions européennes sur l'export de pétrole russe ». Il a qualifié ces actions de « guerre hybride » visant à déstabiliser l'Europe.
Le parquet de Brest a requis la peine maximale d'un an de prison et 150 000 euros d'amende contre le commandant chinois du Boracay, un pétrolier de cette flotte fantôme arraisonné en septembre 2025 au large de la Bretagne alors qu'il transportait du pétrole russe vers l'Inde sans pavillon visible.
Les perspectives de négociations
Kyrylo Boudanov, chef de cabinet du président Zelensky, a indiqué aux médias ukrainiens qu'une nouvelle série de pourparlers visant à mettre fin à la guerre pourrait avoir lieu les 26 et 27 février. Parallèlement, une réunion de la coalition des volontaires se tiendra mardi midi en visioconférence, coprésidée par Emmanuel Macron et le premier ministre britannique Keir Starmer.
Alors que le conflit entre dans sa cinquième année, les appels à la solidarité internationale se font plus pressants, tandis que les divisions au sein de l'Union européenne compliquent la réponse collective à l'agression russe.



