Venezuela : 23 nouveaux prisonniers libérés par amnistie, des centaines en grève de la faim
Venezuela : 23 prisonniers libérés, grève de la faim en prison

Venezuela : une amnistie controversée libère 23 détenus tandis que des centaines entament une grève de la faim

Le Venezuela connaît un épisode de libérations politiques sous haute tension. Dimanche 22 février 2026, vingt-trois nouveaux prisonniers ont été libérés en vertu d'une loi d'amnistie adoptée sous pression américaine, a annoncé l'ONG Foro Penal. Parmi ces libérations figurent au moins sept membres du parti de l'opposante et lauréate du prix Nobel de la paix Maria Corina Machado, dont un cadre nommé Juan Freites, selon sa formation politique Vente Venezuela.

Des libérations saluées par l'opposition

Maria Corina Machado a immédiatement réagi sur le réseau social X en adressant un message chaleureux à Juan Freites : « Bienvenue à la maison, mon cher Juan ! Ta famille, ta mère, tes sœurs et toute ta famille Vente, nous n'avons pas cessé de nous battre. Bientôt, nous nous embrasserons en toute liberté ! ». Ces libérations s'inscrivent dans un processus plus large initié par la présidente par intérim Delcy Rodriguez, qui avait promis cette mesure sous la pression de Washington.

Avant ces nouvelles libérations, la justice vénézuélienne avait déjà accordé la liberté à 379 prisonniers politiques dans le cadre de cette même loi. Au total, 1 557 détenus ont officiellement demandé leur libération en vertu de ce texte, selon les déclarations de la dirigeante. La loi, votée et promulguée jeudi, représente un tournant dans les relations entre Caracas et Washington, rompues depuis 2019.

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Une grève de la faim massive en protestation

Parallèlement à ces libérations, une vague de protestation secoue le système carcéral vénézuélien. Dimanche, plus de 200 prisonniers qualifiés de « politiques » ont entamé une grève de la faim, estimant pour la plupart être exclus du bénéfice de la loi d'amnistie. « Environ 214 au total, entre Vénézuéliens et étrangers, sont en grève de la faim », a expliqué Yalitza García, belle-mère d'un gendarme argentin accusé de terrorisme.

Shakira Ibarreto, fille d'un policier arrêté en 2024, a précisé : « Ils ont décidé d'entamer une grève de la faim vendredi, suite aux résultats de la loi d'amnistie, qui ne bénéficie pas à la grande majorité d'entre eux ». Le mouvement a débuté à la prison de Rodeo I, en périphérie de Caracas, où les familles des détenus dénoncent la portée limitée de la loi.

Intervention du Comité international de la Croix-Rouge

Face à cette situation tendue, une commission du Comité international de la Croix-Rouge (CICR) est entrée dans la prison de Rodeo I pour examiner les détenus en grève de la faim. L'organisation a également obtenu l'accès à d'autres établissements pénitentiaires, dont la tristement célèbre prison de l'Hélicoïde. « C'est la première fois qu'on nous donne l'accès à cette prison », a souligné Filippo Gatti, coordinateur santé du CICR pour le Venezuela, ajoutant : « C'est un premier pas, et je crois que nous sommes sur la bonne voie ».

Une commission spéciale et des limites persistantes

L'assemblée nationale vénézuélienne a installé vendredi une commission spéciale chargée d'analyser les dossiers des prisonniers politiques exclus de l'amnistie. Cependant, plusieurs experts mettent en doute l'efficacité réelle de cette loi. Des centaines de détenus, notamment des policiers et militaires impliqués dans des activités qualifiées de « terroristes », pourraient en être exclus.

La mesure présente une autre limitation significative : elle ne couvre pas entièrement la période 1999-2026, correspondant aux présidences de Hugo Chavez (1999-2013) et de son successeur Nicolas Maduro. Cette restriction temporelle laisse dans l'incertitude de nombreux prisonniers arrêtés pendant ces décennies cruciales de l'histoire politique vénézuélienne.

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Delcy Rodriguez, qui a pris les rênes du pouvoir après la capture du président Nicolas Maduro lors d'une opération militaire américaine le 3 janvier, tente ainsi de normaliser les relations avec Washington tout en gérant une situation carcérale explosive. Les prochains jours seront déterminants pour mesurer l'impact réel de cette amnistie controversée sur le paysage politique et humanitaire du Venezuela.