Des militaires ukrainiens ont porté le cercueil de leur camarade tombé au combat lors d'une cérémonie funéraire à la cathédrale Saint-Michel de Kiev, le samedi 28 février 2026. Cette scène poignante illustre le lourd tribut payé par l'Ukraine dans un conflit qui entre dans sa cinquième année.
Un hiver de résistance historique
Dans son allocution dominicale, le président Volodymyr Zelensky a salué la capacité du peuple ukrainien à avoir traversé ce qu'il a qualifié de « l'hiver le plus difficile de toutes les années de guerre ». Malgré les tentatives répétées de destruction des infrastructures énergétiques par les forces russes, « l'Ukraine n'a pas cédé », a-t-il affirmé avec force, soulignant que « nous avons préservé notre système énergétique ».
Le chef de l'État a cependant mis en garde contre la persistance de la menace : « La Russie n'a pas l'intention d'arrêter ses frappes » et prépare de nouvelles attaques contre les infrastructures ukrainiennes. Il a appelé à une vigilance constante de la part de tous ceux chargés de la protection du pays.
Des chiffres qui témoignent de l'intensité des combats
Les données communiquées par les autorités ukrainiennes révèlent l'ampleur des assauts russes durant les mois d'hiver :
- Plus de 34 000 projectiles lancés contre l'Ukraine en trois mois
- 1 720 drones d'attaque utilisés lors de la dernière semaine de l'hiver
- 1 300 bombes aériennes guidées et plus de 100 missiles de divers types
- 288 missiles tirés en février 2026, soit une augmentation de 113% par rapport à janvier
Selon une analyse de l'AFP, le mois de février a enregistré le plus grand nombre de missiles lancés sur l'Ukraine depuis le début de la publication de ces statistiques en 2023.
La menace des drones Shahed
Volodymyr Zelensky a établi un lien direct entre le conflit ukrainien et les récentes tensions au Moyen-Orient, soulignant que « la situation au Moyen-Orient a montré à quel point il est difficile d'assurer une protection à 100% contre les missiles et les drones Shahed ».
Le président ukrainien a révélé que depuis 2022, la Russie a lancé plus de 57 000 drones de type Shahed contre l'Ukraine, une technologie de conception iranienne désormais également utilisée par Téhéran dans la région. Face à cette menace, l'Ukraine se dit prête à « partager son expérience » en matière de défense aérienne avec les nations qui l'ont soutenue.
Des pertes civiles tragiques
Les frappes russes continuent de faire des victimes parmi la population civile. Dans la région de Dnipropetrovsk, une attaque a coûté la vie à un homme et fait quatre blessés. « L'ennemi a attaqué trois districts de la région dix fois avec des drones et de l'artillerie », a rapporté Oleksandr Hanja, chef de l'administration militaire régionale.
Des frappes ont également été signalées à Odessa et Kharkiv, où un incendie provoqué par une attaque a nécessité l'évacuation d'un dortoir. Dans le village de Chernookovo en Russie, une attaque de drone ukrainienne a tué une femme selon les autorités locales.
L'opération contre la flotte fantôme russe
Dans un développement significatif, les forces armées belges, avec le soutien de militaires français, ont arraisonné le pétrolier « Ethera » appartenant à la flotte fantôme russe. Cette opération, baptisée « Blue Intruder », vise à couper les sources de financement de la guerre d'agression russe en Ukraine.
Emmanuel Macron a salué cette action, affirmant que « les Européens sont déterminés à couper les sources de financement de la guerre d'agression de la Russie en Ukraine en faisant respecter les sanctions ». Le navire, inscrit sur la liste européenne des bâtiments soumis à des mesures restrictives depuis octobre 2025, est actuellement escorté vers le port de Zeebrugge.
Le témoignage poignant des soldats ukrainiens
Quatre ans après le début de l'invasion russe, les combattants ukrainiens expriment une lassitude mêlée de détermination. « Seuls les morts verront la fin de la guerre », murmure un soldat surnommé Denys, reflétant le pessimisme ambiant quant à une paix prochaine.
Ivan, 25 ans, secouriste dans une unité d'urgence, témoigne : « Le plus difficile, c'est que cela devienne la norme. Aucun Ukrainien n'aime ça. Les gens sont fatigués. Fatigués, mais ils tiennent bon ». Son quotidien est rythmé par les interventions lors de frappes de missiles et de drones, dormant avec son téléphone sous l'oreiller, toujours prêt à être appelé.
Le drame le plus personnel est illustré par Yaroslav, 40 ans, qui a perdu sa femme, leur fille de six mois et sa nièce dans une attaque de drone russe contre leur maison. « Si l'impact avait eu lieu un demi-mètre plus à côté, elles seraient encore en vie », confie-t-il, partagé entre une vie de souvenirs et un avenir incertain.
Alors que la guerre se prolonge, la résilience ukrainienne face à un hiver particulièrement brutal et à des frappes intensifiées témoigne d'une détermination qui, malgré la fatigue et les pertes, ne faiblit pas. La communauté internationale continue de suivre avec attention l'évolution de ce conflit qui redéfinit les équilibres géopolitiques mondiaux.



